CONFIDENTIEL : petit-fils d'un pionnier du renseignement, le capitaine Effoudou a fini par tourner le dos à l'État qu'il servait

Capitaine Effoudou Le Balanceur Image illustrative

Tue, 22 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Derrière les accusations spectaculaires portées contre Ferdinand Ngoh Ngoh se cache la trajectoire singulière d'un officier dont l'engagement au service de l'État camerounais s'inscrivait dans un véritable héritage familial. Une enquête de Jeune Afrique retrace le parcours de Kenneth Ronald Effoudou, de ses premiers pas dans l'armée jusqu'à son exil forcé en France.

Selon Jeune Afrique, Kenneth Effoudou a grandi dans l'ombre d'un aïeul au nom évocateur : le général de division Angouand Claude Laurent, qui fut directeur général du Centre national des études et des recherches, l'ancêtre historique de l'actuelle Direction générale de la recherche extérieure. Un héritage que l'officier revendique lui-même sans détour, confiant à l'enquête avoir « suivi, à sa manière, les traces » de son grand-père.

Une blessure de guerre dans les régions anglophones

L'enquête retrace le début de carrière mouvementé de l'officier, nommé sous-lieutenant en juillet 2016 puis envoyé en stage d'application dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, alors en pleine crise anglophone. Jeune Afrique révèle qu'une balle a failli lui coûter la vie durant ces missions qu'il qualifie lui-même de « particulièrement périlleuses », lui laissant une cicatrice dans le dos qu'il porte encore aujourd'hui.

Une ascension rapide jusqu'au cœur du pouvoir présidentiel

Jeune Afrique documente ensuite une progression fulgurante : rappelé à Yaoundé en mars 2018 sur « hautes instructions de la hiérarchie », l'officier passe par plusieurs postes stratégiques avant d'être détaché, en janvier 2020, à l'état-major particulier du chef de l'État en tant que chef du Bureau des renseignements — poste qu'il décrit lui-même comme faisant partie du « cabinet militaire du chef de l'État », doté selon lui d'un « champ d'action et d'un niveau d'information bien plus étendus » que ne le laisse percevoir sa discrétion institutionnelle.

L'élément le plus personnel de ce témoignage recueilli par Jeune Afrique concerne les représailles qu'affirme avoir subies l'officier avant son départ : plusieurs personnalités directement mises en cause l'auraient menacé de mort, certaines ouvertement, d'autres en mobilisant, selon lui, les moyens mêmes de l'État. Il affirme avoir été suivi régulièrement à Yaoundé, et son véhicule de service aurait été vandalisé à plusieurs reprises, avant qu'il ne choisisse de franchir les portes de l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen, le 20 mai 2025, pour ne plus jamais revenir — un départ qu'il refuse de qualifier de fuite, préférant y voir, selon ses propres mots, un « repli stratégique ».

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