Nouvel acte fort : le ministre Joseph Beti Assomo ne blague pas

Beti Assomo Joseph Ministre Déploiement d’hommes

Tue, 22 Sep 2026 Source: La République n°1237

Dans le théâtre complexe des relations internationales, la projection de puissance d’un État ne se mesure pas uniquement à la force brute de ses armées, mais à sa capacité à exporter la stabilité et à incarner le droit. Comme l’écrivait fort justement le philosophe et politicien américain Joseph Nye à travers son concept de Soft Power, « la puissance d’attraction et la légitimité morale sont tout aussi décisives que la puissance coercitive ».

En dépêchant près de 1 000 hommes au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), le Cameroun réaffirme son rôle de pivot géopolitique irremplaçable en Afrique centrale. Cependant, cette contribution diplomatique et militaire majeure ne saurait être un chèque en blanc délivré à l’arbitraire ou au relâchement.

À cet égard, le cérémonial républicain de Motcheboum ne constituait pas une simple parade de départ. En effet, l’imposante mobilisation des élites administratives, religieuses et politiques de la région de l’Est témoigne de l’ancrage territorial profond de l’Efomp, véritable matrice où se forge l’excellence opérationnelle. Mais par-delà la solennité de l’instant, le message martelé par la hiérarchie militaire a résonné comme un rappel à l’ordre sans ambiguïté.

D’une part, le haut commandement a tenu à verrouiller le cadre éthique des troupes en mission interarmées. Usant d’une fermeté doctrinale absolue, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a fermement averti le contingent : « Aucune situation répréhensible ne devra être éludée ou passée sous silence. Il vous appartiendra d’en rendre compte et de préciser les mesures prises ainsi que celles que vous jugerez nécessaires pour prévenir leur réapparition ».

Cette exigence de transparence s’inscrit en droite ligne de la maxime du stratège militaire Sun Tzu, qui rappelait dans L’Art de la guerre que « des ordres clairs et une discipline inflexible sont le véritable fondement de la force d’une armée ». D’autre part, cette fermeté prend une résonance toute particulière au regard des exigences de tolérance zéro édictées par les Nations unies contre les abus et exploitations sexuelles.

C’est pourquoi, abordant sans détour les dérives financières ou comportementales qui ont pu écorner l’image des Casques bleus par le passé, le Mindef a haussé le ton en précisant : « Toute utilisation abusive de même que toute négligence avérée dans leur conservation ou dans leur emploi, entraînerait de manière inévitable des sanctions appropriées... Aucun comportement individuel déviant ne sera toléré car certains comportements individuels du genre ont écorné l’image de marque du Cameroun ».

Il s’agit là d’une démonstration claire que la rigueur n’est pas une option, mais une condition d’existence sous la bannière de l’ONU. En somme, en confiant le drapeau national au lieutenant-colonel Ewang Mesape Young, la nation tout entière investit ces soldats d’un mandat d’honneur.

L’enjeu dépasse le cadre strict du maintien de la paix chez le voisin centrafricain : il touche directement à la souveraineté morale du Cameroun. Ce 13ème contingent n’a donc pas d’autre alternative que la quête permanente de l’excellence, car, pour reprendre la pensée du Général de Gaulle, « le prestige des armes ne survit que s’il est porté par l’irréprochabilité du devoir ».

Source: La République n°1237