Affaire des lunettes d'Alamine Ousmane Mey : le ministre soupçonnait un « maraboutage » commandité par un adversaire politique

Alamine Ousmane Mey Et Son Homologue  Obaid Humaid Al Tayer Image illustrative

Tue, 22 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon des informations exclusives du lanceur d'alerte Boris Bertolt, le ministre de l'Économie Alamine Ousmane Mey aurait suspecté les quatre journalistes arrêtés le 16 septembre de vouloir lui dérober ses lunettes pour le compte d'un adversaire politique, dans le cadre d'une séance de « maraboutage ». Une révélation qui éclaire d'un jour nouveau les motivations réelles de cette affaire qui a secoué l'opinion camerounaise.

C'est une information qui donne à l'affaire des lunettes d'Alamine Ousmane Mey une tout autre dimension. Alors que les quatre journalistes interpellés le 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé ont été libérés le 21 septembre sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux , le lanceur d'alerte Boris Bertolt affirme que le ministre de l'Économie nourrissait des soupçons bien plus troubles que la simple disparition d'un accessoire.

Selon Boris Bertolt, le ministre Alamine Ousmane Mey aurait suspecté les journalistes François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili de s'être emparés de ses lunettes non pas pour les voler, mais pour les remettre à un adversaire politique. L'objectif de ce dernier aurait été de les utiliser dans une séance de « maraboutage » dirigée contre le ministre.

Cette révélation, si elle se confirme, expliquerait pourquoi le ministre a porté une attention aussi disproportionnée à un objet personnel pourtant retrouvé quelques heures plus tard dans son propre véhicule . Elle éclaire également la persistance des autorités à maintenir les journalistes en détention après la découverte des lunettes, en réorientant la procédure vers une suspicion d'« intrusion non autorisée » .

Cette affaire s'inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu au Cameroun. Alamine Ousmane Mey, ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire depuis 2015, est un poids lourd du régime. Son nom est régulièrement cité parmi les prétendants à de hautes fonctions, y compris celle de Vice-Président de la République, poste créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026 mais toujours vacant.

Dans un environnement où les luttes d'influence au sommet de l'État s'exacerbent, la crainte d'actions occultes visant des personnalités politiques n'est pas une nouveauté. Plusieurs affaires récentes ont révélé l'existence de réseaux de désinformation et de manipulation visant à déstabiliser des responsables de premier plan.

Pour les quatre journalistes, cette affaire restera un cauchemar. François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont passé près d'une semaine en détention dans des conditions qu'ils ont décrites comme inhumaines . « J'avais 60 000 FCFA quand on m'a arrêté. Je sors avec 2 000 FCFA », a témoigné Pierre Mouchili. « Je regrette d'avoir choisi ce métier. Le journaliste n'est pas respecté dans notre pays. »

Le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (SPIC) et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) ont dénoncé une « détention arbitraire » .

Il convient de noter que Boris Bertolt, à l'origine de cette révélation, est une figure controversée. Lanceur d'alerte prolifique, il est régulièrement accusé par ses détracteurs de « faire quelques arrangements avec la vérité » et entretiendrait des relations troubles avec certaines personnalités du régime . Le capitaine Effoudou, ancien chef du bureau du renseignement à l'état-major du président, a affirmé qu'il percevrait 3 000 euros par mois du ministère des Marchés publics pour des campagnes de dénigrement ciblées . Ces accusations, graves, n'ont pas été vérifiées de manière indépendante.

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