'Comme d’habitude, vous donnez le tempo. Les autres suivront'
Jean-Pierre Du Pont rend hommage à Maurice Kamto pour sa capacité à maintenir son activité politique malgré les obstacles et les revers.
Ce monsieur est décidément incorrigible. Il semble avoir fait de la résistance à l’usure politique un véritable art. Chaque fois que le pouvoir RDPC — dont ses adversaires dénoncent régulièrement les pratiques — croit avoir enfin trouvé le moyen de le mettre hors-jeu, Maurice Kamto réapparaît, imperturbable, avec cette faculté assez rare de transformer les défaites apparentes en nouveaux terrains de bataille.
C’est le petit canard de Robert Lamoureux : celui que tout le village croyait définitivement condamné après avoir reçu une volée de plombs à bout portant. On l’imaginait déjà passé de vie à trépas, définitivement réduit au silence. Et puis, le lendemain, contre toute attente, les fameux petits « coin-coin » retentissent à nouveau.
Le volatile était vivant.
Mieux encore : il semblait avoir retrouvé la voix.
Après le « mandat impératif », le voilà qui revient avec son nouvel objet de combat : ce qu’il dénonce comme une « imposture institutionnelle ». Et là, force est de reconnaître qu’il y a chez l’homme une remarquable constance intellectuelle. Quelle suite dans les idées ! Quelle capacité à reprendre l’initiative ! Quel sens de la formule ! Mais surtout, quelle élégance dans l’art de revenir au moment où personne ne l’attend plus !
Car Maurice Kamto possède cette qualité qui manque cruellement à la politique contemporaine : le sens du rebond. On peut discuter ses choix, contester ses positions ou combattre ses analyses ; difficile, en revanche, de ne pas reconnaître cette étonnante capacité à transformer chaque obstacle en nouveau chapitre de son combat.
Salut, Monsieur le Professeur !
Il n’y a pas si longtemps, je vous donnais rendez-vous pour d’autres batailles. Vous avez manifestement pris le bâton au rebond — et avec cette manière toute particulière de le faire qui vous appartient.
Comme d’habitude, vous donnez le tempo. Les autres suivront.
Salut l’artiste.
Et, franchement : respect.
JPD