À l'approche du sacre de Louis Din Dika Akwa, prévu le 10 octobre 2026, les messages contradictoires des autorités administratives sèment le trouble autour du site de Mbanya. Le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a assuré aux chefs traditionnels qu'ils pourraient accomplir leur tradition « en paix ». Le préfet du Wouri, Sylyac-Marie Mvogo, soutient au contraire qu'aucun rite sacré ne s'y tiendra.
C'est une confusion qui pourrait compromettre la tenue d'une cérémonie hautement symbolique. À moins de trois semaines du sacre de Louis Din Dika Akwa, prévu le 10 octobre 2026, les déclarations divergentes des autorités administratives autour du site de Mbanya alimentent les inquiétudes.
Mbanya n'est pas un simple lieu de festivités. Ce site situé au bord de la rivière du même nom est présenté par les chefs du canton Akwa comme un sanctuaire lié à l'intronisation de leurs souverains. Le programme annoncé en août prévoit que Louis Din Dika Akwa s'y rende avant la cérémonie publique de son sacre sur les berges du Wouri. Installé comme chef supérieur en juillet 2023, il recevrait ainsi son onction royale vingt-cinq ans après le sacre de son père, célébré en octobre 2001.
Mais l'accès à Mbanya fait l'objet d'un conflit. Une chefferie de troisième degré y a été créée par arrêté préfectoral en 2020. Le Tribunal administratif du Littoral a annulé l'acte de création en 2026, une décision contestée en appel. Le différend oppose notamment ceux qui présentent Mbanya comme une partie du village Bonamouang et ceux qui revendiquent l'existence d'une chefferie distincte.
Le 19 septembre, dix-neuf chefs traditionnels du canton Akwa ont tenté de préciser le lieu prévu pour le sacre. Dans leur communiqué, ils distinguent plusieurs parcelles à Mbanya et affirment que le rite du 10 octobre se déroulera sur une parcelle dédiée, distincte de celle au centre d'autres revendications. Cette précision pourrait expliquer une partie du désaccord apparent, mais elle ne remplace pas une clarification des autorités.
Face à cette situation, les chefs traditionnels attendent des autorités administratives qu'elles parlent d'une seule voix. Car au-delà du conflit de compétences, c'est la sérénité d'une cérémonie culturelle et ancestrale qui est en jeu.