Le Cameroun frappé par un violent deuil : le président élu sort du silence

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Thu, 24 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Trois militaires des Forces de Défense camerounaises ont été tués mercredi 23 septembre 2026 lors d'une attaque attribuée à des bandes séparatistes à Matouké, à la lisière entre le Moungo et la région du Sud-Ouest. Dans un message de condoléances, Issa Tchiroma Bakary, qui se présente comme le « président élu » du Cameroun, salue la mémoire des disparus et réitère son engagement pour une résolution durable de la crise anglophone.

C'est un nouveau drame qui endeuille l'armée camerounaise. Ce mercredi 23 septembre 2026, trois hommes de troupes ont perdu la vie lors d'une attaque attribuée à des bandes séparatistes dans la localité de Matouké, à la lisière entre le département du Moungo et la région du Sud-Ouest. Les victimes sont le Sergent Ateba Olanguena Come, le Caporal-Chef Betkemo Banibou Maxime et le Soldat de première classe Abienza Joseph.

Selon les informations disponibles, les trois militaires menaient une patrouille de routine sur l'axe Matouké-Kotto lorsqu'ils ont été pris pour cible. Une attaque qui, selon les autorités, porte la signature des groupes armés séparatistes actifs dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017.

Un message de compassion

Dans un message rendu public, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et candidat malheureux à l'élection présidentielle d'octobre 2025, a tenu à exprimer sa solidarité avec les familles endeuillées. « J'adresse aux familles éprouvées ainsi qu'à leurs frères d'armes mes sincères condoléances », écrit-il.

Il ajoute : « Cet acte crapuleux vient une fois de plus d'amputer notre pays de trois de ses fils. » Une formulation qui traduit la douleur et l'exaspération face à une crise qui continue de faucher des vies, près de dix ans après son déclenchement.

Au-delà des condoléances, Issa Tchiroma Bakary profite de l'occasion pour réitérer son appel à une résolution politique du conflit. « Les graves conséquences de ce conflit en pertes de vies humaines, destruction de biens et d'infrastructures, déplacements des populations et dégâts économiques doivent nous inciter à en ausculter sans tabou et en profondeur les causes, et à engager une grande concertation nationale inclusive », plaide-t-il.

Il rappelle l'engagement pris lors de sa campagne à Bamenda : « Je reste déterminé à mener ce processus qui déboucherait sur une paix durable, le choix d'une nouvelle forme de l'État et le renforcement de la cohésion nationale. »

Cette attaque intervient alors que la crise anglophone continue de faire des victimes dans les deux régions concernées. Les forces de défense et de sécurité paient un lourd tribut à ce conflit. En 2018, un bilan gouvernemental faisait état de 84 militaires tués. En février 2020, des estimations indépendantes évoquaient entre 800 et 1 000 membres des forces de sécurité tués depuis le début de la crise. En septembre 2025, une attaque à Malende, dans le Sud-Ouest, avait déjà coûté la vie à sept militaires.

Pour Issa Tchiroma Bakary, cette nouvelle tragédie doit servir de déclencheur. « Il est temps que notre pays s'engage ardemment, avec lucidité et détermination, sur la voie d'une résolution effective et durable », conclut-il. Reste à savoir si cet appel sera entendu par les autorités en place, alors que la voie du dialogue semble, pour l'heure, obstruée par les logiques de guerre.

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