La justice militaire fait encore parler d’elle avec l’émission du mandat d’arrêt contre Gabriel Metogo Atangana, un ancien commandant des opérations militaires. Ce colonel à la retraite fait l’objet d’un mandat d’arrêt dans une procédure ouverte pour « escroquerie en coaction », résume l’activiste Boris Bertolt dans une récente sortie sur les réseaux sociaux.
Deux documents de la justice militaire et de la gendarmerie nationale font état de recherches engagées sur l’ensemble du territoire, apprend-on.
Le premier acte, mentionne le lanceur d’alerte, est daté du 10 mars 2026. Il émane du cabinet d’instruction judiciaire du tribunal militaire de Yaoundé. Il porte le numéro 116/MA/CI-MNB/TMY et s’inscrit dans une procédure suivie contre Mbapou Parfait et d’autres personnes.
Le document « identifie Gabriel Metogo Atangana comme un militaire à la retraite, né le 27 octobre 1958 à Mekomo-Okola et domicilié à Yaoundé. Il indique que l’intéressé est inculpé d’escroquerie en coaction, sur le fondement des articles 74(2), 96 et 318(1-c) du code pénal », lit-on chez Bertolt.
Aussi, le mandat affirme qu’il n’a pas déféré aux convocations du juge d’instruction. Il ordonne, en conséquence, aux officiers et agents de police judiciaire de l’interpeller et de le présenter au magistrat instructeur.
Un second document, daté du 18 mai 2026, « élargit le dispositif. Présenté comme un message-radio porté du groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé, il diffuse un avis de recherches assorti d’une interdiction de sortie et d’entrée du territoire national. Parmi les destinataires figurent les unités de gendarmerie, la police judiciaire, les services de police, Interpol ainsi que les postes de contrôle des aéroports », fait savoir la source.
Pour le reste, le message indique que la procédure fait suite à une plainte du vice-amiral Joseph Fouda contre Mbapou Parfait et d’autres personnes. Il ordonne qu’en cas de découverte, Gabriel Metogo Atangana soit interpellé et conduit à l’état-major du groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé.
L’identité de l’officier renforce la portée de l’affaire. En effet, par décret présidentiel du 14 août 2014, le colonel Gabriel Metogo Atangana avait été nommé à la tête du commandement des opérations militaires, une structure directement rattachée au chef d’état-major des armées. « L’affaire place ainsi un ancien haut responsable militaire au centre d’une enquête sensible. La suite de la procédure devra préciser les faits reprochés, les sommes éventuellement en jeu et les éléments matériels sur lesquels repose l’accusation », conclut Boris.