Derrière chaque statistique, une famille attend des réponses
Le récit de Géraldine, enseignante et mère, donne un visage à une crise que les associations documentent depuis plusieurs années.
Selon une enquête publiée le 29 septembre par l’AFP, Géraldine Buweh Atsie serait morte après avoir été violemment battue. Son époux, présenté comme le principal suspect, nie les faits et reste détenu. La procédure doit établir les responsabilités ; aucune culpabilité ne peut être tenue pour acquise avant jugement.
L’association Stop Feminicides 237 affirme avoir recensé 56 femmes tuées depuis le début de 2026. Ce chiffre associatif n’est pas un registre judiciaire national, mais sa progression nourrit l’alarme. Le droit camerounais ne qualifie pas séparément le féminicide : les magistrats utilisent les infractions existantes, notamment le meurtre et les violences.
La demande des familles dépasse la création d’un mot dans le Code pénal. Elle concerne l’accueil au commissariat, les certificats médicaux, les ordonnances de protection, l’hébergement d’urgence et la rapidité des enquêtes. Signaler une menace ne sert que si une chaîne d’intervention existe derrière la porte.
Les réactions de personnalités, dont la footballeuse Ajara Nchout Njoya, ont élargi l’audience du débat. Elles ne doivent pas remplacer la parole des survivantes ni transformer les victimes en sujets passagers des réseaux sociaux.
L’enjeu éditorial est donc de suivre les dossiers après l’émotion : statut des enquêtes, soutien aux enfants, moyens des services sociaux et calendrier du texte annoncé contre les violences faites aux femmes. La prévention se mesure aux vies protégées, pas au nombre de communiqués.