Sanctions du CNC : Martial Owona défie l'autorité et présente « Tour d'Horizon » 24 heures après sa suspension

Martial Owona Image illustrative

Wed, 30 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le bras de fer entre Vision 4 et le Conseil national de la communication (CNC) prend une tournure inédite. Vingt-quatre heures après avoir été suspendu pour six mois par le régulateur, Martial Owona est apparu bien en poste ce mercredi 30 septembre 2026, à la présentation de son émission « Tour d'Horizon ». Une démonstration de force qui consacre l'échec de l'application des sanctions du CNC et plonge l'autorité de régulation dans une crise de crédibilité.

C'est une scène qui dit tout de l'impuissance du régulateur. Ce mercredi 30 septembre 2026, au lendemain de la décision du Conseil national de la communication (CNC) de le suspendre pour six mois, Martial Owona était bien en poste à la présentation de son émission phare, « Tour d'Horizon », sur Vision 4.

Le message est limpide. En maintenant son animateur vedette à l'antenne malgré la sanction, la chaîne Vision 4 signifie publiquement qu'elle ne reconnaît pas la légitimité des décisions prises par le CNC. Une posture qui s'inscrit dans la droite ligne de la contestation annoncée par le groupe L'Anecdote dès le 17 août 2026, lorsque celui-ci avait dénoncé une tentative d'« intimidation » et annoncé son intention de saisir la justice.

Le CNC avait déjà sanctionné Martial Owona une première fois, le 13 août 2026, pour une chronique diffusée le 2 juin visant l'avocate Félicité Esther Zeifman. Cette première suspension de trois mois n'avait jamais été appliquée. En durcissant la sanction à six mois, le régulateur espérait sans doute forcer la main. Il n'en a rien été.

Une autorité de régulation contestée

Au-delà du cas Martial Owona, cette séquence révèle une crise plus profonde : celle de l'autorité du CNC lui-même. Le 29 septembre, le régulateur a annoncé une suspension d'un mois contre Boney Philippe, directeur général des médias du groupe L'Anecdote, une suspension d'un mois contre Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication de L'Anecdote, et une interdiction de diffusion d'un mois contre Vision 4. Mais comment appliquer ces sanctions si les principaux intéressés continuent d'émettre comme si de rien n'était ?

La question de la légitimité du CNC est d'autant plus sensible qu'une procédure judiciaire est en cours. Joseph Chebongkeng Kalabubsu, président du régulateur, est convoqué ce mercredi 30 septembre devant le cabinet d'instruction n°1 du Tribunal de première et de grande instance de la Mefou-et-Akono, à Ngoumou, dans le cadre d'une plainte déposée par Martial Owona. Une convocation qui fragilise un peu plus la position de l'institution.

Cette confrontation entre le CNC et le groupe L'Anecdote dépasse largement le cadre d'un simple différend réglementaire. Elle met en lumière les tensions entre un organe de régulation contesté et un groupe de presse qui refuse de se soumettre à ses décisions. Dans un pays où la liberté de la presse est déjà régulièrement mise à mal, cette séquence illustre la difficulté à faire respecter un cadre réglementaire lorsque les rapports de force sont déséquilibrés.

Source: www.camerounweb.com