Vision 4: Paul Biya innterpellé

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Wed, 30 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans une lettre adressée au président de la République le 30 septembre 2026, l'activiste politique François Bikoro dénonce un « deux poids, deux mesures » dans les sanctions prononcées par le Conseil national de la communication (CNC) contre Vision 4 et plusieurs responsables du groupe L'Anecdote. Il conteste la compétence du régulateur, qualifie la suspension de la chaîne d'« antisociale » et demande sa « levée immédiate ».

C'est une sortie qui ajoute une dimension politique au bras de fer entre le CNC et Vision 4. Dans une lettre adressée au chef de l'État, l'activiste politique François Bikoro dit avoir accueilli avec « consternation » la décision du Conseil national de la communication de suspendre la chaîne pour un mois, Martial Owona pour six mois, Boney Philippe et Jean-Claude Fouda Abega pour un mois chacun.

François Bikoro conteste d'abord la compétence du régulateur à prononcer une telle sanction. « Vous n'ignorez pas que le principe cardinal en droit administratif veut que l'autorité qui sanctionne soit celle qui autorise. Or, l'autorisation d'exploitation des entreprises de communication audiovisuelle relève du ministère de la Communication et non du CNC », écrit-il.

Il estime que le régulateur a outrepassé son rôle. « Votre institution est un organe de régulation et de consultation dont les avis devraient éclairer l'autorité de tutelle. En vous substituant en organe de sanctions, vous créez une insécurité juridique qui fragilise tout le secteur. »

L'activiste conteste également le choix de suspendre la chaîne pour des faits qu'il attribue à « un collaborateur ». Selon lui, une telle mesure ne saurait justifier la fermeture temporaire d'une entreprise employant plus de « 100 employés », dont une majorité est constituée de personnels techniques et administratifs « non-journalistes ». Il qualifie cette décision d'« extrême et la plus antisociale ».

François Bikoro dénonce également ce qu'il considère comme un traitement inéquitable. « Des médias qui diffusent quotidiennement des contenus attentatoires à l'unité nationale, à la cohésion sociale et aux bonnes mœurs continuent d'émettre en toute impunité. Pendant ce temps, un média qui, depuis 2018, a fait le choix de défendre les institutions et la personne du chef de l'État Paul Biya est sanctionné avec une célérité déconcertante », écrit-il.

Pour l'activiste politique, cette situation traduit une « partialité » du CNC. Une accusation qui pèse dans un contexte où le régulateur est déjà fragilisé par la convocation de son président, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, devant le tribunal de Ngoumou, et par le refus de Vision 4 d'appliquer les sanctions.

Fort de ces arguments, François Bikoro demande au chef de l'État la « levée immédiate » de la suspension de Vision 4, au profit, si les faits sont avérés, de sanctions individuelles et proportionnées. Il sollicite également la publication des critères de sanction afin que tous les médias soient soumis aux mêmes règles, ainsi que l'ouverture d'un « dialogue franc » avec les éditeurs de presse pour promouvoir une régulation « pédagogique et non punitive ».

Contactés, ni le CNC ni la Présidence de la République n'ont réagi à cette lettre. Une chose est certaine : l'affaire Vision 4 est devenue un symbole des tensions entre le régulateur, les médias et le pouvoir politique.

Source: www.camerounweb.com