Le double visage de Wilfried Ekanga : démocrate au Cameroun, soutien des putschistes au Burkina Faso

Claude Wilfried Ekanga Ekanga Image illustrative

Wed, 30 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Il se présente comme un opposant farouche au régime de Paul Biya et un défenseur de la démocratie au Cameroun. Mais selon plusieurs sources, Wilfried Ekanga, activiste politique camerounais vivant en Europe, séjourne actuellement au Burkina Faso, invité par la junte au pouvoir. Il apporterait ainsi son soutien à un régime militaire qui a supprimé les partis politiques, refusé les élections et bafoué les libertés collectives et individuelles. Une contradiction qui suscite de vives critiques.

C'est une séquence qui met en lumière les ambiguïtés de certains acteurs de l'opposition africaine. Wilfried Ekanga, Camerounais engagé dans la lutte contre la présidence à vie de Paul Biya, se trouve actuellement au Burkina Faso. Selon les informations obtenues, il aurait été invité par la junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré.

Le paradoxe est difficile à ignorer. Au Cameroun, Wilfried Ekanga se pose en défenseur de la démocratie. Il dénonce les dérives du régime, milite dans un parti politique et critique ouvertement l'accaparement du pouvoir par une seule famille depuis plus de quatre décennies. Une posture qui lui vaut une certaine audience dans les milieux de l'opposition.

Mais au Burkina Faso, le même homme choisit de soutenir un régime qui a fait le choix inverse. Depuis le coup d'État de septembre 2022, la junte d'Ibrahim Traoré a dissous plusieurs partis politiques, reporté sine die les élections, réprimé les voix dissidentes et instauré un climat de peur et d'arbitraire. Les organisations de défense des droits humains documentent régulièrement des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements et des détentions arbitraires.

Cette contradiction a valu à Wilfried Ekanga des critiques d'une rare virulence. Ses détracteurs le décrivent comme un opportuniste, un « caméléon » qui change de couleur selon l'endroit où il se trouve. « Il défend la démocratie chez lui, combat la présidence à vie de Paul Biya et milite dans un parti politique. Mais malhonnête, égoïste, hypocrite et opportuniste qu'il est, il vient soutenir un régime tyrannique qui rejette la démocratie », dénonce un observateur.

La question posée est simple : comment un homme qui se réclame de la lutte pour la liberté et la justice peut-il cautionner un régime qui a ôté la vie à des milliers de citoyens burkinabè et réduit à néant les acquis démocratiques de son pays ?

Ce qui frappe, c'est le silence de Wilfried Ekanga sur les violations des droits humains au Burkina Faso. Aucune déclaration publique de sa part pour dénoncer les arrestations arbitraires, les disparitions forcées ou la répression des manifestations. Aucun mot pour les victimes de la junte qu'il côtoie.

Ce silence contraste avec la virulence de ses prises de position contre le régime camerounais. Une manière de dire que sa défense de la démocratie n'est pas une conviction profonde, mais une posture instrumentalisée au service de ses intérêts.

Pour ses détracteurs, cette séquence marque la fin de la crédibilité de Wilfried Ekanga. En soutenant la junte burkinabè, il a révélé au grand jour ce qu'ils considèrent comme sa véritable nature : un homme sans principes, prêt à toutes les compromissions pour exister sur la scène politique. Un « albinos noir » qui change de peau selon les circonstances, selon la formule employée par ses critiques.

Au-delà de sa personne, c'est une question plus large qui est posée : celle de la sincérité de certains acteurs de l'opposition africaine, qui n'hésitent pas à pactiser avec des régimes autoritaires dès lors que cela sert leurs intérêts. Une réalité qui affaiblit la cause démocratique sur le continent.

Source: www.camerounweb.com