Dans une déclaration de 13 pages signée le 30 septembre, la Commission des droits de l’homme du Cameroun analyse le droit d’accès à l’information.
La CDHC s’inquiète de la montée des deepfakes et du désordre informationnel. Elle salue certaines initiatives publiques contre les fausses nouvelles, tout en relevant le silence de plusieurs administrations face aux demandes d’information.
Le problème possède deux faces. Les contenus manipulés peuvent nuire à une personne, provoquer une panique ou influencer un débat public. Mais une notion trop large de fausse information peut aussi servir à intimider les journalistes, les chercheurs et les citoyens qui questionnent le pouvoir.
La meilleure défense commence par l’information authentique. Lorsqu’une administration publie rapidement documents, données et rectificatifs, elle réduit l’espace où prospèrent les montages. Les médias doivent de leur côté conserver les fichiers, vérifier la provenance et signaler les images modifiées.
La réponse technique comprend l’analyse des métadonnées, la recherche inversée et l’authentification des sources. Elle doit être complétée par une procédure claire de retrait, de contestation et de recours, afin qu’une plateforme ou une autorité ne décide pas seule de la vérité.
La déclaration de la CDHC sera utile si elle conduit à un cadre qui distingue erreur, satire, manipulation et infraction. Le droit à l’information ne se protège pas seulement en punissant le faux ; il se protège aussi en rendant le vrai accessible.