Révélée par Jeune Afrique, la séquence qui a mené à la suspension de Vision 4 illustre un état d'esprit : celui d'un groupe qui répond à l'autorité par la provocation.
Tout commence, rapporte Jeune Afrique, le 2 juin. Après une audience du procès Zogo où Jean-Pierre Amougou Belinga a été vivement mis en difficulté par une avocate de la partie civile, la chaîne diffuse un reportage à charge contre elle. Le barreau saisit le CNC pour défendre la dignité de sa consœur.
Jeune Afrique révèle ensuite un épisode troublant : face au régulateur, le journaliste Martial Owona reconnaît le caractère non déontologique de son sujet, tout en se disant prêt à le rediffuser. Le 18 août, le CNC le suspend trois mois et avertit le directeur des médias du groupe, Philippe Boney. Selon le magazine, la sanction n'a jamais été appliquée. Le 30 août, Boney affirme sur le plateau de « Club d'Élites » n'avoir « que faire du CNC ».
Les responsables, convoqués à nouveau, obtiennent deux reports mais ne se présentent jamais, ce qui, précise Jeune Afrique, viole la loi du 20 avril 2015. Le groupe contre-attaque alors en justice, devant la chambre d'instruction de Ngoumou, fief de son propriétaire, en contestant la légitimité du président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, dont le mandat serait échu depuis 2024.
Le 29 septembre, devant une audience judiciaire prévue le lendemain, le CNC prend les devants. D'après Jeune Afrique : un mois de suspension pour Vision 4 et pour Boney, six mois pour Owona, et un mois pour Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication de L'Anecdote.
Dernier rebondissement relevé par Jeune Afrique : si les opérateurs ont coupé le signal, Vision 4 diffuse sa grille via Vision 4 RCA, sa déclinaison centrafricaine, hors de portée du CNC mais visible sur de nombreux bouquets au Cameroun.