Après sa libération de garde à vue, Paul Daizy Biya ne compte pas en rester là. Le directeur de publication du journal Le Grand Titre a annoncé son intention de porter plainte contre le commissaire principal Meva Vincent de Paul, l'officier qui l'a interrogé et mis en cause pour « outrage au président de la République ». Dans une adresse directe à ce dernier, il exige que soient produites les preuves matérielles de cette accusation, dénonçant une procédure sans fondement.
C'est une contre-attaque en règle. Quelques jours après sa libération de garde à vue, Paul Daizy Biya, directeur de publication du journal Le Grand Titre, a décidé de passer à l'offensive. Dans un message rendu public, il annonce son intention de porter plainte contre le commissaire principal Meva Vincent de Paul, l'officier qui l'a convoqué et entendu dans le cadre d'une accusation d'« outrage au président de la République ».
« Le temps des affirmations est terminé, celui des preuves commence »
Paul Daizy Biya conteste formellement les faits qui lui sont reprochés. « On ne peut pas accuser un citoyen d'avoir outragé le président de la République et considérer qu'une telle accusation peut être lancée sans que les éléments matériels, précis et vérifiables qui la fondent soient établis », écrit-il. Il annonce donc avoir « décidé de porter plainte contre le commissaire principal Meva afin qu'il puisse, devant les autorités compétentes, expliquer et démontrer les éléments sur lesquels il s'est fondé pour me mettre en cause ».
Il précise que cette démarche « ne vise qu'une chose : permettre à la justice de faire la lumière sur les faits et de déterminer les responsabilités de chacun ».
Dans son adresse au commissaire, Paul Daizy Biya pose une série de questions. « Si l'accusation d'outrage au président de la République repose sur des éléments sérieux, il vous appartient désormais de les présenter dans le cadre approprié. Quels sont les faits précis ? Quels sont les éléments matériels ? Quelle expertise ou quelle enquête vous a conduit à cette conclusion ? Sur quels actes ou propos vous êtes-vous fondé ? »
Il souhaite également que la lumière soit faite sur les circonstances exactes de cette affaire. « Lorsqu'une enquête policière aboutit à une accusation aussi grave, elle doit pouvoir résister à l'examen contradictoire et judiciaire. »
Des saisines multiples
Paul Daizy Biya indique avoir saisi plusieurs personnalités et autorités. Il cite notamment le président de la République, Martin Mbarga Nguele, ainsi que des autorités religieuses, dont l'Archevêque métropolitain de Yaoundé et le Nonce apostolique. Il précise avoir appris que le commissaire Meva est un « chrétien catholique », une manière de l'inviter à la rigueur et à la vérité.
Cette sortie intervient après une période particulièrement mouvementée pour Paul Daizy Biya. Son nom était apparu dans l'affaire Martinez Zogo comme destinataire d'un message de Bruno Bidjang. Il avait été interpellé le 22 septembre 2026 pour une affaire de vente de voiture, avant d'être placé en garde à vue et interrogé sur des accusations d'« outrage au président de la République ».
Sa libération, puis cette plainte contre le commissaire Meva, marquent une escalade dans un dossier qui pourrait bien révéler les dessous de la procédure qui a visé le journaliste. Reste à savoir si les autorités judiciaires donneront suite à cette plainte et si le commissaire Meva acceptera de s'expliquer sur les fondements de son accusation.