Le bras de fer entre le Conseil national de la communication (CNC) et le groupe L'Anecdote se poursuit devant les tribunaux. Le 2 octobre 2026, le régulateur des médias a introduit un recours contre l'ordonnance du Tribunal administratif du Centre ayant suspendu l'exécution de sa décision du 13 août visant Martial Owona et Boney Philippe. Selon le CNC, ce recours suspend immédiatement le sursis et maintient les effets de sa décision initiale.
C'est une nouvelle étape dans le conflit qui oppose le CNC à Vision 4 et au groupe L'Anecdote. Le 1er octobre 2026, le Tribunal administratif du Centre avait ordonné le sursis à exécution de la décision du CNC prise en août contre le journaliste Martial Owona et le directeur général des médias du groupe, Boney Philippe. La juridiction avait relevé des irrégularités dans la procédure, portant notamment sur l'auto-saisine, l'instruction du dossier, la convocation d'une partie et le respect du principe du contradictoire.
Le gendarme des médias conteste cette ordonnance. Dans la procédure engagée le 2 octobre, le régulateur demande l'annulation du sursis à exécution accordé par le Tribunal administratif. Selon les éléments communiqués par le CNC, ce recours suspend immédiatement le sursis et maintient les effets de sa décision du 13 août.
Pour mémoire, cette décision suspend Martial Owona pour trois mois et adresse un avertissement à Boney Philippe, à la suite d'un reportage diffusé le 2 juin 2026 sur Vision 4, consacré à Me Félicité Esther Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo.
Deux contentieux distincts
Il convient de distinguer deux procédures. Le recours introduit par le CNC le 2 octobre concerne la décision du Tribunal administratif relative aux sanctions d'août. Il ne règle pas le contentieux portant sur la nouvelle suspension d'un mois de Vision 4, décidée le 29 septembre 2026, à l'issue de la 48ᵉ session extraordinaire du régulateur.
Cette seconde décision fait en effet l'objet d'une procédure judiciaire distincte devant le Tribunal administratif du Centre. L'ordonnance du 1er octobre ne suspend donc pas automatiquement la mesure prise contre la chaîne le 29 septembre. Une subtilité juridique qui pourrait prolonger le bras de fer entre le CNC et le groupe L'Anecdote.
Depuis plusieurs semaines, le conflit entre le CNC et Vision 4 ne cesse de s'intensifier. Après la suspension d'un mois prononcée contre la chaîne et les sanctions visant Martial Owona, Boney Philippe et Jean-Claude Fouda Abega, le groupe L'Anecdote a multiplié les stratégies de contournement : diffusion sur Vision 4 RCA, basculement sur le canal 531 de Canal+, et contestations judiciaires.
Le CNC, de son côté, refuse de céder. Il conteste les décisions de justice qui lui sont défavorables et maintient ses sanctions. Une posture qui pourrait fragiliser davantage son autorité, déjà contestée par le SPIC et plusieurs acteurs du secteur.