Une affaire déplorable dans un établissement de la place
Il baigne actuellement au lycée de Loum un scandale de détournement. L'affaire est complètement rocambolesque, elle secoue la communauté éducative de la ville.
Monsieur Mafogho Inusa Petiangma, jusqu'ici proviseur du lycée mentionné, a été relevé de ses fonctions. Cette décision fait suite à la disparition mystérieuse d'une somme colossale estimée à 10 millions de francs CFA.
Ce montant représente des « frais exigibles », qui sont les contributions versées sur une période de trois années scolaires par plus de 300 parents d’élèves. Interrogé sur la destination de ces fonds, le responsable d'établissement a opté pour une ligne de défense qui laisse pantois : il affirme n'avoir absolument « pas vu la direction prise par les 10 millions ».
Son surprenante amnésie n'a pas suffi à convaincre sa hiérarchie, menant directement à son limogeage. Le paroxysme de l'indignation a été atteint lors de la prise de parole du nouveau proviseur fraîchement nommé. Loin d'apporter l'apaisement ou de promettre une enquête interne, ce dernier a douché les espoirs des familles en employant un jargon de rue pour le moins déconcertant.
Rappelant de manière philosophique aux parents d'élèves que « la vie c'est le djambo (le jeu de hasard) », il a ajouté avec cynisme : « Un jour tu corates (tu gagnes/tu t'en sors) et un autre on te corate (tu te fais avoir) », a résumé le cyberactiviste N'zui Manto qui dénonce la pratique.
En d'autres termes, la nouvelle direction demande tout simplement aux parents d'oublier l'argent évaporé et de passer à nouveau à la caisse. Une double peine inacceptable pour ces familles à qui l'on impose de payer deux fois la scolarité de leurs enfants pour combler un trou financier dont elles ne sont pas responsables.
C'est donc très naturellement que l'indignation grandit à Loum. De nombreuses voix s'élèvent pour réclamer l'ouverture d'une véritable enquête judiciaire et l'audit complet des comptes du lycée de Loum afin que la lumière soit faite sur cette affaire.