Décès de Clément Atangana : Entre clémence et poubelle de l’histoire, le cœur des Camerounais balance

Clement Atango.png Pour Clément Atangana, le tribunal du temps a déjà rendu sa sentence, et elle est sans appel

Wed, 7 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Il est reproché à Clément Atangana un arbitrage injuste et contraire aux exigences d’équité et de droit. Cette décision a contribué à fragiliser la confiance dans les institutions et l’idéal de justice au Cameroun. Certains Camerounais inscrivent cette critique dans une dénonciation plus large de la corruption sous ses différentes formes et du système politique issu du 6 novembre 1982.

LA FAUTE DE CLÉMENT ATANGANA MÉRITE-T-ELLE LA CLÉMENCE DE L’HISTOIRE OU LA POUBELLE DE L’HISTOIRE ?

Il est des instants solennels où le destin d’une nation entière suspend son souffle aux lèvres d’un seul homme.

LE CRÉPUSCULE D’UN ARBITRAGE

Ce jour-là, l’histoire officielle du Cameroun s’est figée, non pas dans la grandeur d’un arbitrage mémorable, mais dans le silence assourdissant d’une occasion manquée. Si seulement Clément Atangana, alors président du Conseil Constitutionnel, avait choisi de prêter sa voix à l’équité indéfectible ; s’il avait adossé sa toge à la majesté du droit plutôt qu’aux compromis du moment, son nom résonnerait aujourd'hui dans le panthéon des grands serviteurs de la République.

Hélas, l’Histoire est une mémoire implacable qui ne s’accommode guère des renoncements drapés d’orgueil. En choisissant ce jour-là de dévoyer sa mission sacrée, en consentant à brader une caution morale, éthique et juridique qui ne lui appartenait pas en propre mais dont il était le gardien, l'homme n'a pas seulement rendu un arbitrage inique : il a scellé sa propre postérité. Il aurait pu être le roc sur lequel s'édifie la confiance nationale ; il a préféré devenir l'artisan d'un crépuscule institutionnel, s'excluant lui-même de la lignée de ces figures lumineuses qui honorent la patrie.

LA TRAHISON DES SEPT DIMENSIONS DE LA CORRUPTION

Rendre une mauvaise justice à la croisée des chemins d’un pays, là où se joue l’avenir d’un peuple, dépasse le cadre de la simple erreur judiciaire ou du manquement politique. C'est une haute trahison karmique et historique, une blessure infligée à l'âme collective qui traverse le temps sans jamais s'effacer.

Devant un tel constat, le deuil que nous portons aujourd’by n’est pas celui d’un homme, mais celui d’un idéal de justice brisé par les sept dimensions de corruption qui minent notre pays : morale, matérielle, spirituelle, émotionnelle, alimentaire, intellectuelle et érotique.

L’ÉPITAPHE DE LA GÉRONTOCRATIE : LE PASSIF DU 6 NOVEMBRE 1982

L’Histoire, désormais seule juge, balance entre la clémence, l’intransigeance qu’impose une telle déception, les mauvais souvenirs, et l'oubli sévère de ses décharges publiques où ont été enfouies toutes les espérances d’un pays jadis prometteur. À chacun d'observer l'abîme qu'un seul verdict a suffi à creuser.

Et même si d'aucuns lui adressent aujourd'hui le vœu d'une paix éternelle, le sentiment profond demeure : celui d'une rancœur tenace face à un système gérontocratique qui, depuis le 6 novembre 1982, maintient le destin de toute une nation en otage.

L’IMPLACABLE VERDICT DES SIÈCLES : L’IMMONDICE DE L’OUBLI

En définitive, la mémoire des peuples ne s’embarrasse pas de politesse tardive ni de courbettes protocolaires.

Pour Clément Atangana, le tribunal du temps a déjà rendu sa sentence, et elle est sans appel.

L’Histoire ne lui accordera ni la dignité d'un mausolée ni le respect d'une épitaphe. Elle l'abandonne là où finissent les ambitions frelatées et les serviteurs d'empires déchus : dans sa poubelle la plus sombre.

C'est là, parmi les détritus des serments trahis et les débris des espoirs d’un peuple, que son nom achèvera sa course.

Le linceul de sa mémoire ne sera pas de pourpre, mais fait du mépris silencieux des générations futures.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se dissout dans l’opprobre éternel.

Loïc Kodjay

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