Georges Gilbert Baongla, qui se présente comme le fils aîné du président Paul Biya, a été libéré. Son interpellation était intervenue dans la nuit du 20 juillet 2026 à Edéa, en application d'un avis de recherche émis le 12 mai par le Service central des recherches judiciaires pour des faits présumés de cybercriminalité, diffamation et propagation de fausses nouvelles.
L'information a circulé dans les rédactions camerounaises ce jeudi : Georges Gilbert Baongla, président du Parti républicain et figure controversée de la scène politique camerounaise, a recouvré la liberté. Les conditions exactes de sa libération n'ont pas été officiellement communiquées, mais plusieurs sources concordantes confirment qu'il n'est plus détenu.
Pour mémoire, Baongla avait été interpellé dans la nuit du 20 juillet 2026 à Edéa, dans le département de la Sanaga-Maritime, alors qu'il se rendait à Limbé. Selon une note opérationnelle de la gendarmerie, les forces de l'ordre ont exécuté un avis de recherche n°000496/2-MRP/247/BFC du 12 mai 2026, émis par le Service central des recherches judiciaires (SCRJ) .
L'interpellation avait été qualifiée de « musclée ». Baongla aurait refusé de remettre ses téléphones portables aux enquêteurs et les aurait jetés au sol, dans ce qui est présenté comme une tentative de destruction de preuves. Il aurait également contesté l'autorité des gendarmes, affirmant bénéficier d'un statut particulier en raison de sa qualité revendiquée de « fils aîné du président de la République » .
Conduit à Yaoundé, il devait être présenté au SCRJ pour la poursuite de l'enquête portant sur des faits présumés de cybercriminalité, diffamation et propagation de fausses nouvelles .
Cette interpellation était intervenue dans un contexte de vives tensions autour de la question de la succession présidentielle. Quelques semaines plus tôt, Baongla avait multiplié les déclarations contestant la filiation de Franck Emmanuel Biya, remettant en cause son statut de fils biologique de Paul Biya et le qualifiant de « fils adoptif » .
Ces propos avaient déclenché une procédure judiciaire. Le 23 avril 2026, Baongla avait été convoqué par le SCRJ pour répondre d'accusations de cybercriminalité, diffamation et usurpation de titre. Il ne s'était pas présenté à cette convocation, affirmant ne pas avoir reçu l'acte directement . Une interdiction de sortie du territoire et un avis de recherche via Interpol avaient ensuite été émis à son encontre .
Un personnage récurrent des prétoires
Georges Gilbert Baongla n'en est pas à sa première expérience judiciaire. En 2007, il avait été arrêté pour diffusion d'images obscènes et condamné à six mois de prison avec sursis et 500 000 FCFA d'amende . En juin 2019, il avait été condamné à deux ans de prison ferme et 25 millions FCFA d'amende pour diffamation, à la suite de plaintes déposées notamment par Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi que par plusieurs personnalités de l'État . Il avait purgé cette peine à la prison centrale de Kondengui et avait été libéré le 3 juin 2021 .
Ni le parquet militaire, ni le Service central des recherches judiciaires, ni l'entourage de Georges Gilbert Baongla n'ont officiellement communiqué sur les circonstances de cette libération. Les questions restent nombreuses : a-t-il été libéré sous caution, dans l'attente de la suite de la procédure, ou les charges ont-elles été abandonnées ?