Coup d'Etat contre Paul Biya: Ferdinand Ngoh Ngoh au coeur du complot, fuite du rapport des services de renseignement

Biya&ngoh Image illustrative

Thu, 8 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon des informations exclusives, un rapport remis à Paul Biya le 30 janvier 2023 par l'ancien directeur général de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, mettrait en cause le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ainsi que plusieurs membres du gouvernement et directeurs de sociétés. Ce document, qui porterait sur une présumée tentative de coup d'État, aurait été transmis moins de vingt-quatre heures avant l'arrestation de son auteur dans l'affaire Martinez Zogo.

C'est une révélation qui éclaire d'un jour nouveau les tensions au sommet de l'appareil sécuritaire camerounais. Selon les informations recueillies, le rapport remis à Paul Biya le 30 janvier 2023 par Léopold Maxime Eko Eko, alors patron de la DGRE, mettrait directement en cause Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence de la République, dans un projet de déstabilisation du pouvoir.

Selon les déclarations d'Eko Eko devant le Tribunal militaire de Yaoundé, la mission lui aurait été confiée par Paul Biya lui-même en novembre 2022. Le 26 janvier 2023, sa hiérarchie l'aurait relancé pour transmettre ses conclusions. Il aurait finalement déposé son rapport le 30 janvier 2023. Moins de vingt-quatre heures plus tard, le 31 janvier 2023, il était interpellé par la gendarmerie dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste Martinez Zogo.

Ce timing, rapporté par Jeune Afrique, soulève des questions troublantes : le rapport accusant le SGPR d'être impliqué dans un projet de coup d'État serait parvenu à la Présidence le 30 janvier, et son auteur était arrêté le lendemain.

Les noms cités dans le rapport

Selon les informations obtenues, le document mettrait en cause Ferdinand Ngoh Ngoh, présenté comme le « parrain ou planificateur » du projet. D'autres noms apparaîtraient dans les éléments d'enquête, notamment un coopérant militaire israélien présenté comme proche du SGPR, un ancien gouverneur, la directrice générale de Camtel et le directeur des douanes.

Ces accusations n'ont pas été confirmées par une décision judiciaire définitive. Ferdinand Ngoh Ngoh a toujours démenti toute implication. Mais leur gravité tient à un élément : elles émanent d'un haut responsable des services de renseignement, chargé par le chef de l'État lui-même d'enquêter sur le complot présumé.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte de vives tensions au sommet de l'appareil d'État, où plusieurs clans s'affrontent pour le contrôle des leviers de pouvoir et la succession de Paul Biya. Les révélations d'Eko Eko et du capitaine Effoudou, ancien chef du bureau du renseignement à l'état-major particulier du président, qui accuse également Ngoh Ngoh d'être le commanditaire de l'assassinat de Martinez Zogo, alimentent les spéculations sur une guerre des services.

Pour l'heure, ni Ferdinand Ngoh Ngoh ni les autres personnalités citées n'ont réagi à ces révélations. Une chose est certaine : le procès Martinez Zogo, qui se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé, est devenu le théâtre d'une guerre de tranchées au sommet de l'État, où chaque audition révèle un peu plus les fractures du pouvoir.

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