Dire à une victime de quitter les réseaux ne suffit pas. L’urgence est d’organiser un parcours de signalement qui conserve les preuves sans l’exposer davantage.
La campagne soutenue par l’UNESCO autour de la sécurité numérique des filles rappelle que la violence en ligne prolonge souvent des rapports de pouvoir déjà présents hors écran. Harcèlement, usurpation, partage d’images intimes et menaces peuvent passer d’un groupe privé à un espace public en quelques minutes.
La première réponse doit éviter de culpabiliser. Un protocole familial et scolaire peut prévoir la sauvegarde des captures, le blocage du compte agresseur, le signalement à la plateforme et l’orientation vers un adulte formé. Lorsque des menaces ou une diffusion non consentie sont en jeu, l’accompagnement juridique et psychologique devient aussi important que le retrait du contenu.
Les établissements ont besoin d’un point focal identifiable et d’une procédure qui protège la confidentialité. Sans cela, la peur d’être punie, humiliée ou privée de téléphone décourage la parole. Les garçons doivent être inclus dans la prévention : le respect du consentement et la responsabilité de celui qui repartage une image sont des apprentissages collectifs.
Le Cameroun gagnerait à publier un annuaire national de recours et des délais de traitement. Une campagne n’est réellement utile que si une adolescente sait précisément qui appeler le jour où l’incident survient.