Le monde progresse, avec 93 % d’alphabétisation chez les jeunes en 2024. Ce repère ne dit pas où se trouvent les poches d’exclusion au Cameroun.
L’UNESCO rappelle qu’entre 1975 et 2024, le taux mondial d’alphabétisation des jeunes est passé de 75 % à 93 %, et celui des adultes de 65 % à 88 %. Ces avancées sont importantes, mais elles ne permettent pas d’évaluer directement la situation camerounaise.
Une politique nationale a besoin de chiffres récents par région, sexe, tranche d’âge, handicap et milieu rural ou urbain. Elle doit également distinguer la capacité déclarée de lire d’une compétence effectivement testée. Sans cette précision, les moyennes peuvent masquer les zones où l’éducation non formelle est la plus nécessaire.
La collecte doit respecter les langues d’apprentissage et les usages. Une personne peut lire dans une langue nationale et rencontrer des difficultés dans une langue administrative. Cette réalité n’est ni un échec ni un détail : elle détermine l’accès aux droits et aux services.
Un tableau de bord annuel, accompagné de la méthode et des marges d’incertitude, aiderait communes, associations et bailleurs à cibler les programmes. La donnée devient alors un instrument de justice territoriale.