Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba a exprimé une profonde frustration face à l'attitude du gouvernement camerounais. Selon lui, les dirigeants font preuve d'une surdité inquiétante face aux propositions de la société civile, des partis politiques et des citoyens. Il appelle les journalistes à enquêter sur cette question qu'il considère comme « le problème réel de ce pays ».
C'est une sortie qui traduit un profond désarroi. Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba s'est interrogé sur l'attitude du gouvernement face aux propositions qui émanent de la société.
« Nous passons toutes nos journées à débattre et à rechercher des solutions »
« Nous passons toutes nos journées, notamment le dimanche, à débattre et à rechercher des solutions. Pourquoi ces gens sont-ils aussi peu réceptifs ? C'est bien là le problème réel de ce pays », a-t-il lancé. Une manière de dire que le travail des analystes, des intellectuels et de la société civile se heurte à un mur d'indifférence.
Pour Dieudonné Essomba, cette question mérite une investigation approfondie. « Je crois que vous, les journalistes, devriez organiser une enquête ou des émissions sur la question de la réceptivité des dirigeants aux conseils, aux suggestions et aux propositions de la société civile, des partis politiques et d'autres acteurs. »
« Ils n'écoutent même pas »
L'économiste a exprimé son incompréhension face à ce qu'il perçoit comme un mépris des dirigeants pour les contributions extérieures. « On ne comprend pas. Même sur un thème comme celui que nous avons aujourd'hui, ils n'écoutent même pas », a-t-il déploré.
Il a établi un contraste avec ce qui se passe ailleurs. « Or, il n'existe aucun gouvernement qui soit totalement insensible aux propositions de ses citoyens. Cela n'existe nulle part. Pourtant, ici, on a l'impression que le gouvernement dit : "Je m'en fous, je gère mon budget." »
Un constat partagé
Cette sortie de Dieudonné Essomba fait écho aux critiques régulièrement formulées par la société civile et les partis d'opposition. Au Cameroun, les propositions émanant des acteurs non gouvernementaux sont souvent ignorées, voire rejetées, par un appareil d'État peu enclin au dialogue.
Le gouvernement, de son côté, met en avant ses réalisations et ses programmes, mais peine à instaurer un véritable débat public sur les politiques publiques. Les consultations, lorsqu'elles existent, sont souvent perçues comme des formalités sans réelle influence sur les décisions finales.
Une question de gouvernance
Au-delà du constat, la question posée par Dieudonné Essomba est celle de la gouvernance. Dans un pays où les défis économiques et sociaux sont immenses, l'incapacité des dirigeants à écouter et à intégrer les propositions de la société constitue un handicap majeur. Elle alimente la frustration des citoyens et renforce le sentiment d'exclusion.