Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba a apporté son soutien à l'appel d'un groupe d'intellectuels camerounais en faveur d'une transition politique. Selon lui, cette position est largement partagée, y compris au sein du parti au pouvoir, où certains estimaient déjà, lors de l'élection présidentielle de 2025, que le chef de l'État devait passer la main.
C'est un soutien de poids à une initiative qui divise. Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'économiste Dieudonné Essomba a commenté l'appel lancé par un collectif d'intellectuels camerounais pour une transition politique.
« Demander une transition au sommet de l'État, c'est une action citoyenne, comme celles menées par beaucoup d'autres groupes », a-t-il déclaré. Pour lui, cette démarche s'inscrit dans le cadre normal du débat démocratique. « Un groupe d'intellectuels estime qu'au regard de la situation actuelle, il faut organiser une transition. Je pense que cette conclusion est assez largement partagée. »
Une manière de dire que l'idée d'une transition n'est plus taboue. Elle est portée par des personnalités respectées et trouve un écho dans une partie de l'opinion.
Un débat qui existait déjà en 2025
Dieudonné Essomba rappelle que la question de la succession de Paul Biya n'est pas nouvelle. « Lors de l'élection présidentielle de 2025, certains avaient déjà relevé que le chef de l'État était épuisé, trop âgé et malade, et qu'il devait passer la main », a-t-il affirmé.
Plus surprenant encore, il assure que ce débat se tenait au sein du parti au pouvoir lui-même. « Je crois même que ce débat se tenait au sein de son propre parti. » Une manière de dire que même au RDPC, certains cadres s'interrogeaient sur la capacité du président à poursuivre sa mission.
Cette sortie intervient dans un contexte de paralysie institutionnelle croissante. Le remaniement ministériel annoncé à plusieurs reprises n'a jamais eu lieu. Le poste de vice-président, créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026, reste vacant. Et le pays semble fonctionner au ralenti, en attendant une décision qui ne vient pas.
Pour Dieudonné Essomba, ces signes ne trompent pas. Ils témoignent d'une situation de blocage qui justifie pleinement l'appel à une transition. Une position qui rejoint celle de plus en plus de voix qui s'élèvent pour demander une issue à une crise institutionnelle qui n'a que trop duré.