Affaire de carburant : Martin Mbarga Nguélé voit rouge

Nguele Martin Mbarga Une enquête d’envergure

Mon, 12 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Le bilan de la construction des hôtels de police au Cameroun, initialement prévue dans le cadre du Plan d'urgence triennal (Planut) lancé en 2014, suscite depuis quelques temps de graves inquiétudes et de vives interrogations. Ce programme d'envergure nationale visait à moderniser les infrastructures de la Sûreté nationale et à offrir aux fonctionnaires de police un environnement de travail décent, face au délabrement avancé de nombreux bâtiments administratifs.

Cependant, la mise en œuvre de ces marchés publics au sein de la DGSN serait aujourd'hui entachée de lourds soupçons de corruption, de favoritisme et de détournements de deniers publics impliquant l'entourage de son dirigeant, Martin Mbarga Nguélé.

Selon les accusations portées contre la gestion de la DGSN, une répartition inéquitable des projets d'infrastructures aurait été orchestrée au profit de la région d'origine du Délégué général à la Sûreté nationale, le département du Nyong-et-So'o. À en croire une dénonciation, ce seul département se serait vu octroyer 5 hôtels de police, dont quatre implantés à Mbalmayo (le chef-lieu) et un dans l'arrondissement de Nkolmetet, village natal de Martin Mbarga Nguélé. L'attribution de ces marchés publics soulèverait également de profonds doutes quant à la régularité des procédures.

D’abord au sujet du bénéficiaire des marchés. En effet, renseignent de langues d’aspic, les contrats auraient été confiés à Stéphane Dissack, petit-fils de Martin Mbarga Nguélé et cadre en service à la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). L’on évoque aussi un manque d'expertise sectorielle. Il se dit que Stéphane Dissack ne posséderait aucune expérience notoire ni compétence avérée dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP).

Quant au projet du commissariat central numéro un de Yaoundé, c'est également à ce dernier qu'aurait été attribué le chantier d'envergure du commissariat central n°1 de la capitale politique. À ce jour, apprend-on, alors que l'enveloppe budgétaire allouée a été entièrement consommée, les travaux demeurent inachevés, lâchent de mauvaises langues.

Ces dérives apparentes laisseraient supposer que l'objectif principal de ces transactions n'était pas la réalisation des infrastructures, mais l'enrichissement illicite d'un clan familial au détriment de la fortune publique. Vrai ou faux ? Difficile à dire. En parallèle des chantiers immobiliers, une autre affaire de grande envergure semble ébranler aujourd’hui la DGSN : un vaste réseau de détournement de carburant.

Pour rappel, l'enquête, désormais d'ampleur nationale, met en lumière un préjudice financier colossal estimé à environ 40 milliards de francs CFA. Cette procédure judiciaire a déjà entraîné des répercussions majeures au sein de la haute hiérarchie policière avec notamment des interpellations massives : une cinquantaine de fonctionnaires de police a déjà été mise aux arrêts et sont actuellement auditionnés dans les locaux du Groupement spécial d'opérations (GSO) à Yaoundé.

C’est dans ce cadre que le Commissaire divisionnaire Henrick Walter Elouna, ancien chef de la division régionale de la police judiciaire du Sud et directeur adjoint des finances, de la Gestion informatique et logistique (Dafgil), a été déféré devant le parquet du Tribunal criminel spécial (TCS) après avoir été placé en garde à vue.

Il est fortement suspecté d'être impliqué dans ce trafic de carburant. Au moment où nous mettions sous presse, ce dernier a été relaxé au parquet général du TCS de Yaoundé pour manque de preuves.

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