St Joseph’s College de Sasse : de petit séminaire britannique à symbole identitaire, l’histoire racontée par Jeune Afrique

St Joseph’s College De Sasse .jfif Image illustrative

Wed, 14 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Ses murs racontent à eux seuls l’histoire de l’ancien Southern Cameroon, écrit Jeune Afrique dans sa série « Noso, une décennie noire ». Le magazine rappelle que le St Joseph’s College, installé à Sasse en 1939, au sud-ouest de Buea, est le plus ancien établissement secondaire du pays.

Selon Jeune Afrique, il était à l’origine un petit séminaire autorisé par l’administration britannique pour offrir aux recrues locales une formation liturgique initiale, à poursuivre au grand séminaire d’Owerri, au Nigeria. Il est ensuite devenu le fleuron d’un système éducatif qui perpétue l’héritage anglo-saxon. Le magazine précise que l’administration britannique y a vu un moyen de prolonger son influence, et que le collège a évolué vers une école formant les futurs cadres de l’administration postcoloniale.

Jeune Afrique cite le chercheur Roland Ndille, de l’université de Johannesburg : le système éducatif du Southern Cameroon était calqué sur les politiques britanniques au Nigeria, avec une prépondérance des contenus européens. Le magazine ajoute que, jusqu’en 1957, les diplômés du collège passaient le London Matriculation Certificate avant de rejoindre une université au Nigeria ou en Afrique du Sud.

Après le référendum de 1961, rapporte le magazine, Yaoundé reprend la main. Le président Ahmadou Ahidjo décale la rentrée de janvier à septembre, ramène le cycle primaire de huit à sept ans, et maintient la spécificité anglophone en conservant la Southern Cameroon Education Board, devenue West Cameroon Education Board en 1967. Jeune Afrique situe en 1977 la création du GCE, qui remplace le London Matriculation Certificate.

Le magazine rappelle enfin la crise du GCE de 1993. Des dysfonctionnements lors des examens anglophones provoquent la colère de parents et d’enseignants de Buea et de Bamenda, qui soupçonnent le ministère de l’Éducation nationale d’avoir sabordé la crédibilité de leurs diplômes. Pour la première fois, selon Jeune Afrique, les grévistes évoquent une « francophonisation » de l’école anglophone. Yaoundé finit par créer le GCE Board, chargé d’organiser seul les examens de fin d’année.

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