Interrogé ce mercredi 14 octobre 2026, Me Charles Tchoungang, avocat membre du collectif de défense de Jean-Pierre Amougou Belinga et Bruno Bidjang Bikoro Oba'a, a réagi aux déclarations du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga. Ce témoin de l'accusation avait affirmé la veille avoir été victime de menaces en raison des éléments qu'il détient dans l'affaire Martinez Zogo. Me Tchoungang dément toute implication de son client et révèle avoir lui-même été menacé.
C'est une mise au point qui intervient au lendemain d'une audience sous haute tension. Ce mercredi 14 octobre 2026, Me Charles Tchoungang, avocat de Jean-Pierre Amougou Belinga et de Bruno Bidjang Bikoro Oba'a, a réagi aux déclarations du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga.
Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, ancien membre de la commission d'enquête mixte écarté après avoir demandé l'audition des opérateurs de téléphonie mobile, avait affirmé devant le tribunal avoir été victime de menaces. Une déclaration qui avait provoqué une vive émotion dans la salle d'audience. Interrogé sur ces accusations, Me Tchoungang a été catégorique : « Ce n'est pas mon client qui est derrière cette menace. »
Mais l'avocat ne s'est pas contenté de défendre son client. Il a révélé avoir lui-même été la cible de menaces. « Moi aussi j'ai reçu des menaces. On m'a même demandé de me retirer du dossier », a-t-il confié. Avant de s'interroger : « Qui instaure la peur ? Ce sont ceux-là qui veulent cacher la vérité, qui instrumentalisent le pouvoir d'État pour faire peur au citoyen que nous sommes. »
« Comment celui qui est censé nous protéger vient demander au tribunal de le protéger ? »
Me Tchoungang a souligné le paradoxe de la situation. « Comment se fait-il que celui qui est censé nous protéger vienne demander au tribunal de le protéger ? Cela signifie qu'il y a une insécurité lancinante qui s'est installée autour de cette affaire. » Il a ajouté : « Il faut prendre ce qui s'est passé hier comme une alerte importante. »
Un appel à la réforme du Code de procédure pénale
Comme plusieurs de ses confrères, Me Tchoungang a plaidé pour un renforcement de la protection des témoins. Selon lui, le Code de procédure pénale camerounais est insuffisant en la matière. « Il faudrait qu'il y ait une réforme pour intégrer dans le Code de procédure pénale des dispositions qui donnent au président du tribunal les pouvoirs et les moyens pour mettre en place des mesures de sécurisation des témoins dans les affaires comme celles-ci », a-t-il proposé.
Un contexte de tensions extrêmes
Cette sortie intervient dans un contexte de vives tensions au Tribunal militaire de Yaoundé. Le 13 octobre 2026, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga avait fait irruption dans la salle d'audience à la fin de l'audition du lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, affirmant trembler de peur et sollicitant la protection du tribunal. Selon des informations exclusives, il aurait également adressé une lettre au ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, dans laquelle il affirme avoir été victime d'une tentative d'assassinat le 19 août 2026 à Ebolowa, commanditée depuis sa prison par l'un des accusés.