Un bon sujet de recherche ne devient pas automatiquement un projet financé. C’est l’écart que le réseau REACH, lancé à Yaoundé par le ministère de la Recherche scientifique et l’Institut de recherche pour le développement, veut réduire pendant trente-six mois.
Des chercheurs issus de huit instituts publics doivent être formés à la conception, au montage et au pilotage de projets. La compétence est décisive : un appel international exige une théorie du changement, un budget défendable, une gestion des risques, des règles éthiques et une capacité à rendre compte.
Le programme arrive après des recrutements de jeunes chercheurs. Leur intégration ne sera durable que s’ils trouvent des équipes, des équipements, du temps de recherche et des perspectives de publication. L’ingénierie de projet ne doit pas devenir une formation isolée, mais un service continu dans chaque institut.
Le partenariat avec l’IRD peut faciliter l’accès à des consortiums internationaux. Il doit toutefois éviter une dépendance où les priorités sont fixées hors du Cameroun. Les appels gagnés devraient répondre à des besoins nationaux identifiés et prévoir un partage clair des données, des équipements et de la propriété intellectuelle.
REACH sera convaincant si le bilan dépasse le nombre de participants. Propositions déposées, taux de succès, montants obtenus, institutions cheffes de file et part réservée aux jeunes chercheuses donneront la mesure réelle du changement.