Dans une tribune rendue publique, le professeur Vincent Sosthène Fouda s'alarme des conditions de l'interpellation nocturne du lieutenant-colonel Ayissi Nanga, officier supérieur de gendarmerie et témoin clé dans l'affaire Martinez Zogo. Il dénonce des méthodes qui donnent « le sentiment de la contrainte ou de l'intimidation », demande la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga et appelle au respect des principes fondamentaux de l'État de droit.
C'est une voix qui s'élève contre ce qu'elle considère comme une dérive. Dans une tribune publiée ce lundi, le professeur Vincent Sosthène Fouda, figure de la société civile camerounaise, revient sur l'interpellation du lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait, survenue dans la nuit du 17 au 18 octobre 2026.
« L'interpellation nocturne de Ayissi Nanga, officier supérieur de gendarmerie, suivie d'une audition prolongée jusqu'aux premières heures du matin, ne peut laisser indifférents tous ceux qui demeurent attachés aux principes fondamentaux de l'État de droit », écrit-il. Pour lui, cet événement « soulève des interrogations légitimes sur le respect des garanties qui entourent l'exercice de la justice dans une démocratie ».
L'inquiétude est d'autant plus vive que cet officier est appelé à comparaître comme témoin du commissaire du gouvernement dans l'affaire Martinez Zogo. « Cette concomitance des faits interpelle les consciences et impose une exigence de transparence absolue. »
« La recherche de la vérité ne saurait être entravée »
Le professeur Fouda rappelle que, dans une République digne de ce nom, « la recherche de la vérité ne saurait être entravée par des méthodes qui donnent le sentiment de la contrainte ou de l'intimidation ». Une manière de dire que l'arrestation d'un témoin clé, quelques jours après qu'il a publiquement affirmé détenir des preuves et se sentir menacé, ne peut qu'alimenter les soupçons.
Il insiste : « La force de l'État ne réside pas dans la démonstration de sa puissance, mais dans sa capacité à faire prévaloir le droit sur l'arbitraire, la mesure sur l'excès, la justice sur la peur. »
Une demande de libération
Le professeur Fouda formule également une demande explicite : « Je demande la mise en liberté de Monsieur Jean-Pierre AMOUGOU BELINGA. » Une prise de position qui surprendra, alors que l'homme d'affaires est détenu depuis plus de trois ans dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo.
Il justifie cette demande par la nécessité de restaurer la confiance dans les institutions : « Lorsqu'une procédure suscite davantage de questions qu'elle n'apporte de réponses, il appartient aux institutions de restaurer la confiance par la clarté et la rigueur. »
En conclusion, le professeur Fouda appelle les démocrates et les républicains à demeurer vigilants. « Non pour affaiblir les institutions, mais pour les honorer. Non pour contester la justice, mais pour rappeler qu'elle ne vaut que si elle est irréprochable dans sa forme comme dans son inspiration. »
Et de conclure : « La répression sauvage est le contraire de la justice. Et une République qui oublierait cette vérité prendrait le risque de fragiliser ce qu'elle a de plus précieux : la confiance de ses citoyens dans l'État de droit. »