Coup d'Etat : voici comment Ferdinand Ngoh Ngoh finançait la BAS selon Jeune Afrique

Biya&ngoh Image illustrative

Wed, 21 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Daté de la veille de l’arrestation de l’ancien patron de la DGRE, un document de onze pages décrit de présumées manœuvres au sommet de l’État. Son auteur, Léopold Maxime Eko Eko, est aujourd’hui jugé dans l’affaire Martinez Zogo. Le secrétaire général de la présidence n’a pas réagi.

Parmi les documents consultés par Jeune Afrique dans son enquête sur la rivalité entre Léopold Maxime Eko Eko et Ferdinand Ngoh Ngoh figure un rapport qui évoque de présumés financements des Brigades anti-sardinards (BAS). Il s’agit d’allégations contenues dans un document, que ni le magazine ni nous-mêmes ne sommes en mesure de vérifier.

Selon Jeune Afrique, ce document est daté du 30 janvier 2023, soit la veille de l’arrestation du patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Martinez Zogo. Long de onze pages, il s’intitule « Rapport spécial d’enquête sur les présomptions de prise de contrôle des segments économiques et administratifs sensibles de la vie de la nation et leur impact sur la sécurité de l’État ».

Le magazine indique qu’Eko Eko y décrit le secrétaire général de la présidence comme ayant entrepris de placer ses hommes dans tous les secteurs stratégiques du pays : renseignement, armée, frontières, économie.

Ce que le document évoque

D’après Jeune Afrique, le rapport évoque un présumé projet de détournement de fonds publics destiné à financer une prise de pouvoir, et n’exclut pas la thèse d’un coup d’État. Il décrit aussi l’accaparement du Fonds spécial de développement du cacao et du café (Fodec), des détournements d’argent public via des task forces et de présumés financements aux BAS, destinés à ruiner le leadership du chef de l’État. Ces derniers seraient passés, selon le document, par Joël Emile Bamkoui, alors patron de la Sécurité militaire. Jeune Afrique ne précise pas quelles preuves étayent ces affirmations.

Un auteur partie prenante

Le magazine rappelle le contexte : Eko Eko comparaît devant le tribunal militaire de Yaoundé aux côtés de plusieurs de ses agents. Certains reconnaissent avoir participé à l’enlèvement meurtrier, lui nie en avoir eu connaissance. Il attribue ses déboires judiciaires à sa rivalité avec Ferdinand Ngoh Ngoh, qu’il soupçonne d’avoir manœuvré pour l’impliquer. Cette thèse est devenue l’un des piliers de sa défense.

Fuite présumée et réactions

Selon une source issue des renseignements camerounais citée par Jeune Afrique, ce rapport, en principe destiné au seul chef de l’État, aurait fuité et incité ceux dont il menaçait la situation à agir contre Eko Eko. Le magazine précise que l’entourage du secrétariat général de la présidence rejette cette thèse, et que Ferdinand Ngoh Ngoh, contacté directement, n’a pas souhaité réagir. Jeune Afrique ne rapporte aucune réaction de Joël Emile Bamkoui.

Les BAS n’ont pas non plus été sollicitées dans l’enquête du magazine, dont nous n’avons pas connaissance d’un démenti ou d’une confirmation de leur part.

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