L’absence de fret retour immobilise les véhicules et renchérit le commerce entre les deux pays
Le Cameroun et la République centrafricaine ont examiné le 19 octobre la situation de camions transportant des produits pétroliers et immobilisés à Garoua-Boulaï. Au cœur du différend, le “volant mort” : des trajets retour sans cargaison, dont le coût fragilise transporteurs et approvisionnement.
La délégation centrafricaine conduite par le ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics a été reçue par le ministre délégué camerounais aux Transports. Le dialogue vise à lever l’immobilisation et à mieux répartir les contraintes d’un corridor vital pour un pays enclavé.
Un camion qui revient vide doit tout de même payer chauffeur, carburant, péages, assurance et entretien. Le transporteur répercute cette perte sur le trajet aller ou suspend son activité. Le problème dépasse donc une revendication corporatiste : il affecte les prix des marchandises, la disponibilité des carburants et la fluidité du commerce régional.
La Banque mondiale a approuvé en juin un programme de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor économique Douala-Bangui, long de plus de 1 400 kilomètres. L’infrastructure est essentielle, mais elle ne suffira pas si les règles de chargement, les contrôles, la sécurité et les mécanismes de règlement restent imprévisibles.
Une solution durable devrait combiner une bourse de fret retour, des procédures harmonisées et un dispositif de médiation rapide. La reprise des mouvements sera un premier signal ; la baisse mesurable des temps d’attente et des voyages à vide dira si la coopération a réellement changé la logistique.