Cette concentration reflète le coût des grandes infrastructures
À fin juin 2026, 11 entreprises et établissements publics camerounais cumulent 845,2 milliards de FCFA de prêts extérieurs rétrocédés par l’État, selon la Caisse autonome d’amortissement.
CAMTEL, CAMWATER, SONATREL et EDC représentent près de 80 % de l’encours des prêts contractés à l’étranger par l’État puis rétrocédés à des entreprises et établissements publics. Un financement essentiel aux infrastructures, qui engage aussi les finances publiques dans la durée.
À fin juin 2026, onze entreprises et établissements publics camerounais portent 845,2 milliards de FCFA de prêts extérieurs rétrocédés, soit environ 2,4 % du PIB, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement. Quatre bénéficiaires en concentrent 672,3 milliards, soit 79,5 % du total.
CAMTEL arrive en tête avec 230,4 milliards de FCFA, devant CAMWATER, avec 194,9 milliards. Les deux opérateurs représentent ensemble 425,3 milliards, soit 50,3 % de l’encours. Suivent la Société nationale de transport de l’électricité, SONATREL, avec 134,9 milliards, et Electricity Development Corporation, EDC, avec 112,1 milliards. Ces financements accompagnent notamment les infrastructures de télécommunications, d’eau potable et d’électricité.
Le mécanisme permet à l’État d’emprunter auprès de bailleurs extérieurs, puis de mettre les ressources à la disposition des structures chargées des projets, dans le cadre de conventions de rétrocession. Les bénéficiaires doivent ensuite assurer leurs remboursements selon les conditions convenues. Les montants présentés constituent un stock de dette à une date donnée, et non de nouveaux financements accordés au seul premier semestre 2026.
L’évolution de cet encours est contrastée. Il diminue de 3,7 % sur un an, mais augmente de 20,2 milliards de FCFA par rapport à fin mars 2026, passant de 825 milliards à 845,2 milliards, soit une hausse trimestrielle d’environ 2,4 %. Les nouveaux tirages et les remboursements font ainsi évoluer le portefeuille dans des directions opposées.
Cette concentration reflète le coût des grandes infrastructures.
Au-delà des milliards mobilisés, l’évaluation doit donc porter sur des résultats concrets : davantage de ménages raccordés à l’eau, une électricité mieux transportée et des télécommunications plus accessibles. La qualité du service et la discipline de remboursement détermineront la portée économique de ces investissements.
Boris Bertolt