Coup de théâtre spectaculaire : la Cour suprême demande un réexamen dans l'affaire Edgar Alain Mebe Ngo'o

Edgar Alain Mebe Ngo'o, Le Ministre Des Transports Image illustrative

Thu, 22 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

La plus haute juridiction du Cameroun a déprogrammé l'affaire concernant l'ancien ministre de la Défense Edgar Alain Mebe Ngo'o, qui devait comparaître le 21 octobre 2026. Les juges ont demandé un réexamen du dossier, une décision qui pourrait modifier les lourdes condamnations prononcées il y a trois ans par le Tribunal criminel spécial.

C'est un coup de théâtre qui était loin d'être anticipé. Ce mercredi 21 octobre 2026, la Cour suprême du Cameroun a procédé à la déprogrammation de l'affaire concernant l'ancien ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo'o. Alors que l'audience venait de s'ouvrir, le collège des juges a pris la décision de renvoyer le dossier pour un réexamen. Une décision tombée quelques minutes seulement après le début de la séance.

Un pour la défense

Condamné le 31 janvier 2023 par le Tribunal criminel spécial (TCS) à 30 ans de prison pour détournement de fonds publics, corruption, prise d'intérêt et blanchiment aggravé de capitaux, Edgar Alain Mebe Ngo'o avait intenté un recours en cassation devant la Cour suprême. Ses avocats s'étaient préparés à plaider sa cause devant la plus haute juridiction du pays. Mais la déprogrammation de l'audience a pris tout le monde de court. Selon nos confrères de RFI, les conseils de l'ancien ministre ont qualifié cette décision de « coup de théâtre ».

Un réexamen aux implications majeures

La demande de réexamen implique un retour sur la procédure et sur le fond du dossier. Les décisions rendues en première instance, qui ont condamné l'ancien membre du gouvernement, son épouse ainsi que certains de ses proches collaborateurs, pourraient donc connaître des modifications à l'issue de ce nouvel examen.

Pour mémoire, Edgar Alain Mebe Ngo'o avait été condamné aux côtés de son épouse Bernadette Minla'a Nkoulou (10 ans de prison), de Maxime Léonard Mbangue (25 ans de prison), du colonel Ghislain Elie Moutou (25 ans de prison) et de Victor Menye (9 ans de prison).

Le choix des juges, non motivé au moment du prononcé de la décision, vise à tirer au clair des points d'ombre qui suscitent des interrogations sur la procédure ayant conduit à la condamnation de l'ancien haut commis de l'État et de ses co-accusés. Une manière de dire que la Cour suprême entend examiner avec attention les conditions dans lesquelles le procès s'est déroulé et les éléments qui ont fondé la décision du TCS.

Alors qu'on croyait le suspens terminé concernant les décisions judiciaires dans cette affaire, une nouvelle phase s'ouvre donc avec cette déprogrammation. Une chose est certaine : le dossier Mebe Ngo'o, déjà l'un des plus emblématiques de la lutte contre la corruption au Cameroun, est loin d'avoir livré tous ses secrets. Et les prochaines semaines pourraient réserver d'autres rebondissements.

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