Mauvais traitement infligé par les forces de l'ordre
Les bavures policières à Douala s'accentuent avec récemment un civil sauvagement agressé et frôlant la mort au commissariat du 10ème arrondissement. Il s'agit d'un nouveau cas d'une extrême gravité qui vient entacher l'image des forces de l'ordre à Douala.
Ces dernières heures, aux alentours de 19 heures, au niveau de l'axe Bocom Missoké, un citoyen a été la cible d'une agression d'une violence inouïe par des éléments de la police nationale. Accusé à tort d'être le collaborateur d'un lanceur d'alerte et de filmer les agents, l'homme a été passé à tabac jusqu'à perdre connaissance à plusieurs reprises, frôlant une issue fatale.
La scène, selon ce que la victime fait savoir, débute par une interpellation arbitraire. Les policiers reprochent à la victime de capter des images pour le compte d'un activiste redouté par la corporation. Pris d'une véritable crise de paranoïa à la simple évocation de ce nom, les agents se ruent sur le civil.
Vêtements déchirés, blessures multiples sur tout le corps : le bilan physique est lourd. Malgré ses cris et ses pertes de conscience répétées, aucune assistance médicale ne lui est accordée. Pire encore, l'un des fonctionnaires lance une menace de mort directe : « Si tu meurs, on va t'enterrer comme les autres ».
D'après ce que nous avons pu lire sur la page du lanceur d'alerte N'zui Manto, conduite dans les locaux du commissariat du 10ème arrondissement, la victime a été soumise à une audition partiale menée par l'inspecteur Sepi. Ce dernier est accusé d'avoir totalement travesti les déclarations de la victime. L'inspecteur a consigné par écrit des faits imaginaires, refusant de corriger le texte lorsque la victime a protesté, lui rétorquant un méprisant « tant pis ». Le téléphone de la victime a été confisqué de force afin de supprimer des fichiers, sous prétexte qu'ils contenaient des images d'agents de police.
L'affaire a finalement pris une tournure différente grâce à l'intervention tardive du commissaire central. Après un interrogatoire serré, constatant le dossier totalement vide et l'absence totale d'infractions, la victime ayant un casier judiciaire vierge, le chef de poste a ordonné sa libération immédiate sans exiger de rançon.