Le GAFI reconnaissait des progrès
Le gouvernement revendique près de 80 % d’exécution de son plan. Cette avancée politique doit encore être convertie en preuves d’efficacité : enquêtes, poursuites, confiscations et supervision fondée sur les risques.
Le Cameroun dit avoir franchi un cap dans son plan de sortie de la surveillance renforcée du Groupe d’action financière. Selon les autorités, 19 actions sur 24 seraient désormais réalisées, contre 11 auparavant. Le passage annoncé de 46 % à près de 80 % constitue une progression, mais pas un certificat de sortie : seule l’évaluation du GAFI et de son réseau peut modifier le statut du pays.
Dans sa déclaration de juin 2026, le GAFI reconnaissait des progrès tout en rappelant que toutes les échéances du plan étaient dépassées et que des travaux restaient nécessaires. Les chantiers cités vont bien au-delà de l’adoption de textes : supervision des banques et professions non financières, échange sécurisé de renseignements, enquêtes et poursuites pour blanchiment, saisie et confiscation des avoirs, sanctions financières ciblées et approche proportionnée des organisations à but non lucratif.
L’enjeu est économique autant que judiciaire. Une inscription sur la liste grise n’impose pas automatiquement des contre-mesures, mais elle peut renforcer les contrôles de conformité, rallonger les transferts et accroître le coût perçu du risque. Les banques correspondantes, investisseurs et partenaires examinent alors plus attentivement l’origine des fonds et les bénéficiaires effectifs.
La prochaine étape crédible consiste à documenter les résultats : dossiers transmis, décisions judiciaires définitives, avoirs effectivement confisqués et sanctions appliquées. Le Cameroun peut revendiquer un travail accompli ; il doit encore prouver que le système fonctionne durablement. C’est cette différence entre conformité formelle et efficacité réelle que le GAFI viendra tester.