Violences - Extorsions – Pillages : Mbarga Nguele et ses hommes indexés dans une lettre confidentielle

MARTIN MBARGA NGUELE DEMANTELEMENT 'Le silence nourrirait le soupçon que ces pratiques sont tolérées'

Fri, 23 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans une lettre ouverte adressée au Délégué général à la Sûreté nationale, le journaliste et analyste politique Charles Armel Mbatchou dénonce des opérations nocturnes attribuées à des individus en uniforme, accusés de violations de domicile, de violences, d’extorsions et de pillages dans plusieurs quartiers. Il appelle à l’ouverture d’enquêtes, à l’identification et à la sanction des agents impliqués, ainsi qu’à la mise en place de mécanismes de plainte sécurisés pour les victimes.

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL À LA SÛRETÉ NATIONALE

Objet : Opérations nocturnes dans les quartiers : violations de domicile, violences, extorsions et pillages commis sous l'uniforme(FMO)

Monsieur le Délégué Général,

Je m'adresse à vous au nom de nombreux citoyens qui n'osent plus dormir tranquilles chez eux.

Dans plusieurs quartiers, des individus portant la tenue de la force publique (Policiers) organisent des opérations nocturnes et matinales. Ils pénètrent dans les domiciles sans mandat. Ils frappent les occupants, parfois devant leurs enfants. Ils extorquent de l'argent aux familles. Ils emportent téléphones, exisgent des factures imaginaires, économies et biens de valeur.

Une question simple s'impose : au nom de quelle loi ?

La Constitution proclame l'inviolabilité du domicile. Le Code de procédure pénale encadre strictement les perquisitions : autorité habilitée, formes prescrites, horaires, respect des occupants. Le Code pénal réprime la violation de domicile, les violences, l'extorsion et le vol. Un homme en uniforme n'est pas dispensé de ces textes. Il en est, plus que tout autre, le premier gardien.

Votre institution a pour mission d'assurer la protection des personnes et des biens. Quand ceux qui portent l'uniforme deviennent la menace, le pacte de confiance entre le citoyen et la police est rompu. Une population qui craint ceux qui doivent la protéger cesse de coopérer, de dénoncer, de faire confiance. C'est la sécurité de tous qui en pâtit.

Je ne présume pas que ces actes soient commandés par votre hiérarchie.

Je pose la question de leur impunité. Soit ces opérations sont ordonnées, et la hiérarchie doit s'en expliquer. Soit elles sont le fait d'éléments isolés ou d'individus usurpant la tenue, et la hiérarchie doit les identifier et les sanctionner.

Je vous demande donc, Monsieur le Délégué Général :

1. D'ouvrir sans délai une enquête sur ces opérations et d'en rendre publiques les conclusions ;

2. De préciser publiquement quelles unités sont habilitées à intervenir de nuit, sur quel fondement légal et sous quel commandement ;

3. De suspendre et de déférer devant les juridictions compétentes tout agent mis en cause par des preuves ou des témoignages crédibles ;

4. De garantir aux victimes un canal de plainte accessible, sécurisé et sans représailles ;

5. De rappeler à l'ensemble des services que nul mandat, nul ordre, nulle consigne ne peut justifier un acte contraire à la loi.

Le silence nourrirait le soupçon que ces pratiques sont tolérées. Votre réponse dira si la Sûreté nationale entend rester une institution de la République ou laisser quelques-uns la déshonorer.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Délégué Général, l'expression de ma haute considération.

Charles Armel Mbatchou

Journaliste, analyste politique, chroniqueur et historien d’art

Source: www.camerounweb.com