Une telle progression peut venir de surfaces supplémentaires, mais surtout de meilleurs rendements
La cible issue d’AgriConnect cherche à alimenter ménages, élevages et industries. Pour être crédible, elle doit préciser les hectares, les rendements, les semences et les débouchés.
Le Cameroun projette une production annuelle de maïs proche de 6 millions de tonnes en 2030, soit environ 150 % de plus que le niveau actuel cité par les promoteurs d’AgriConnect. La filière est stratégique parce qu’elle alimente à la fois les ménages, l’élevage, les brasseries et plusieurs industries alimentaires.
Une telle progression peut venir de surfaces supplémentaires, mais surtout de meilleurs rendements. Semences adaptées, fertilisation raisonnée, mécanisation, irrigation, conseil agricole et stockage doivent avancer ensemble. Sans silos ni contrats d’achat, une récolte abondante peut faire chuter les prix au producteur et augmenter les pertes après récolte.
Le programme devra également arbitrer entre consommation nationale et exportations. L’objectif cité selon lequel une part de la production est exportée ne doit pas fragiliser l’alimentation animale ou renchérir les denrées locales.
Des indicateurs annuels par bassin, le coût réel des intrants et la part transformée au Cameroun permettront de suivre la trajectoire. Six millions de tonnes sont une cible mobilisatrice ; la réussite se mesurera au revenu des producteurs et à la stabilité des marchés.