Le dialogue public-privé camerounais a retrouvé une scène nationale les 22 et 23 octobre à Douala. Son communiqué final retient quatre priorités, mais les entreprises attendent désormais un calendrier, des responsables et des indicateurs.
La douzième session du Cameroon Business Forum s’est achevée après six années d’interruption. Les participants recommandent de fluidifier les procédures administratives, d’accélérer les infrastructures énergétiques et routières, de faciliter l’accès des PME au financement et de renforcer la compétitivité des entreprises, notamment dans la perspective de la ZLECAf. Ces thèmes ne sont pas nouveaux. Leur retour montre que les obstacles identifiés lors des précédentes éditions demeurent au cœur du coût de faire des affaires.
Le forum a réuni le gouvernement, le patronat, les structures d’appui et des partenaires financiers. Cette pluralité peut favoriser des compromis, mais elle dilue aussi la responsabilité si aucune institution n’est chargée de chaque engagement. Une réforme de procédure suppose, par exemple, d’identifier les autorisations concernées, de réduire leur délai légal et de publier un suivi. Une promesse sur l’énergie exige des dates de mise en service et des capacités mesurables, pas seulement une liste de projets.
Le secteur privé jugera donc la relance du forum à la qualité de l’après-CBF. Un tableau public d’engagements, actualisé chaque trimestre, donnerait aux entreprises et aux administrations un langage commun. Il permettrait aussi de distinguer ce qui relève d’une décision réglementaire rapide de ce qui dépend d’investissements lourds.
Le retour du dialogue est un signal utile. Sa crédibilité se construira lorsque la première entreprise pourra montrer qu’une procédure a réellement été raccourcie, qu’un crédit a été débloqué ou qu’une coupure a été évitée grâce aux décisions prises à Douala.