La rumeur existe. Celle des billets de 25 francs et 200 francs au Cameroun. C’est l’alerte de cette fin de mois d’octobre qui enflamme les groupes WhatsApp et remue la blogosphère camerounaise.
De prétendues maquettes de billets de 25, 50, 100 et 200 francs inondent les écrans. Une frange bien précise de la population frotte déjà les mains : les adeptes du romantisme à petit budget, bien décidés à braver la dèche à coups de bouquets de billets low-cost.
Au pays, la mode des bouquets d’argent (le money bouquet) fait fureur chez les amoureux. Mais par les temps qui courent, réunir des dizaines de coupures de 10 000 francs CFA pour impressionner sa dulcinée relève du miracle économique personnel.
Ainsi, l’apparition visuelle de ces "petits billets" imaginés par un graphiste sur la toile a immédiatement déclenché l’hilarité et l’espoir. Sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent : « Imagine un gars te fait un bouquet de 1 000 billets de 25 francs. Tu as l’impression d’être riche alors que le tout fait à peine 25 000 francs », s’exclame une internaute, mi-amusée, mi-effrayée.
Pour les influenceurs et les observateurs de la culture urbaine comme Peupah Zouzoua, cette rumeur est du pain béni pour le "tchop-money" des "slaybabes" et des dragueurs de quartier. Plus besoin de se ruiner pour paraître romantique. Le fauché peut désormais espérer offrir une liasse entière à sa conquête pour le prix d’un simple poisson braisé.
Seulement, malgré l’enthousiasme général, la réalité financière douche les espoirs. Il s’agit, jusqu’à preuve du contraire, d’un fake new. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) n’a émis aucun billet de cette valeur. La gamme officielle de billets actuellement en circulation ne comporte que cinq coupures : 500, 1 000, 2 000, 5 000 et 10 000 francs CFA.