Une tentative d’assassinat dénoncée
Le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga met le show dans l’affaire Martinez Zogo. Il est l’officier supérieur de la gendarmerie qui est un témoin clé de l’assassinat du journaliste. Ancien commandant du groupement du Mfoundi et l’un des premiers enquêteurs sur le meurtre de l’homme de média, Ayissi Nanga a été écarté de la commission d’enquête mixte après avoir demandé des vérifications techniques sur une coupure d’Internet.
Plus tard, le haut gradé a saisi le tribunal militaire de Yaoundé pour demander une protection, ayant affirmé avoir échappé à une tentative d’assassinat dans la nuit du 19 au 20 août 2026 à Ebolowa et mettant en cause Martin Savom, l’ancien maire de la commune de Bibey dans la région du Centre.
Nanga se fait interpeller le samedi 17 octobre 2026 à Yaoundé et conduit au Secrétariat d’État à la défense (SED) avant d’être libéré le lendemain. Il est appelé à la barre en tant que témoin dans le cadre des audiences du procès.
L’officier dénonce une tentative d’assassinat et son récit se concentre sur un homme prénommé Dany, qui se serait présenté comme le fils du secrétaire général de la présidence de la République, détaille le lanceur d’alerte Boris Bertolt dans une publication.
Selon Ayissi Nanga, Dany lui aurait proposé de faciliter la résolution de ses difficultés, en organisant une rencontre discrète avec son prétendu père. Une première invitation dans un appartement meublé à Yaoundé aurait été déclinée. Une autre rencontre aurait ensuite été envisagée à Ebolowa, dans une maison présentée comme celle d’un membre du Bataillon d’intervention rapide (BIR).
Le témoin, lit-on chez Bertolt, raconte finalement s’être rendu, aux environs de minuit, à l’hôtel Bengo. Il décrit des motos présentes sur son itinéraire et affirme qu’un homme accompagnant Dany l’aurait salué militairement à son arrivée.
« Les échanges auraient notamment porté sur Jean-Pierre Amougou Belinga. Ayissi Nanga assure avoir indiqué ne pas le connaître et n’entretenir aucun contact avec lui. Dany lui aurait alors déclaré qu’il n’avait plus rien à craindre », continue de présenter la source susmentionnée.
En fait, l’officier affirme avoir enregistré toutes leurs conversations et évoque des caméras susceptibles de documenter son déplacement. Ayissi Nanga rapporte également avoir appris que Dany, arrêté un 25 décembre, aurait été libéré sur intervention de Galax Etoga. Il affirme enfin l’avoir aperçu au tribunal aux côtés de Martin Savom. La date exacte, les circonstances de cette arrestation et l’intervention alléguée restent à préciser. « Je laisse le soin au Tribunal de faire les connexions », a-t-il conclu.