Dans une lettre ouverte adressée au président béninois, le journaliste camerounais exilé Michel Biem Tong alerte sur le sort du caporal-chef Mfoula Évariste Junior, un soldat du Bataillon d'intervention rapide (BIR) interpellé par la police béninoise. Il affirme que ce militaire, qui dit avoir été témoin de « choses horribles » au sein de la garde rapprochée de Ferdinand Ngoh Ngoh, risque d'être livré à ses « bourreaux » s'il est remis aux autorités camerounaises.
C'est un appel à la protection internationale qui résonne comme un ultimatum. Dans une correspondance rendue publique, Michel Biem Tong, journaliste camerounais exilé, s'adresse directement au président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, pour solliciter sa clémence en faveur du caporal-chef Mfoula Évariste Junior.
Selon la lettre, le caporal-chef Mfoula est un militaire du BIR, l'unité d'élite de l'armée camerounaise. Il était affecté à la garde rapprochée de Ferdinand Ngoh Ngoh, le puissant secrétaire général de la Présidence camerounaise, et de son épouse. Le journaliste affirme que le soldat dit avoir été « témoin - et même victime - de choses horribles » et qu'il n'a pas eu d'autre choix que de prendre le chemin de l'exil pour rester en harmonie avec sa conscience.
Cette affaire fait écho à un témoignage diffusé en septembre 2026, dans lequel le caporal-chef Mfoula accusait l'épouse du SGPR d'abus d'autorité et de harcèlement sexuel lors d'une nuit d'avril 2026 à Bastos . Des zones d'ombre subsistent toutefois autour de ce récit, notamment sur le nombre de niveaux de la résidence ou sur une accusation de détournement de quatre millions de FCFA .
« Ne pas l'offrir à ses bourreaux »
Michel Biem Tong insiste sur la qualité de réfugié potentiel du soldat. « Le caporal-chef Mfoula Évariste n'est pas un criminel. C'est un militaire de rang de l'armée camerounaise bien formé et surtout de bonne moralité », écrit-il. Il rappelle que le Bénin a ratifié plusieurs conventions internationales, notamment la Convention de Genève de 1951 sur la protection des réfugiés . « Remettre le caporal-chef Mfoula Evariste aux autorités camerounaises serait l'offrir à ses bourreaux qui n'hésiteraient pas une seule seconde à éliminer physiquement le témoin gênant qu'il est devenu. »
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de vives tensions au Cameroun, où les révélations sur les dérives de l'appareil sécuritaire se multiplient. Le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh est cité dans plusieurs dossiers sensibles, notamment l'affaire Martinez Zogo et les accusations du capitaine Effoudou. Le caporal-chef Mfoula, qui aurait fui une « traque assidue des agents secrets camerounais », selon le journaliste, pourrait détenir des informations compromettantes.