Dans un financement industriel de long terme, ce mécanisme est courant
L’usine Keda de Bipaga a donné en garantie des terrains, des machines, des stocks et des créances dans le cadre d’un financement maximal de 33,5 millions de dollars. Ce montage protège le prêteur ; il ne prouve pas, à lui seul, une difficulté financière du fabricant de carreaux.
Un avis juridique du cabinet chinois Kangda décrit deux titres fonciers totalisant 278 628 mètres carrés, grevés de sûretés de premier rang au bénéfice de l’IFC. Cinquante-sept équipements industriels, les stocks et certaines créances commerciales complètent le dispositif. Keda Cameroon et Tilemaster Investment Limited, société basée à Maurice, sont coemprunteurs. Les garanties immobilières peuvent courir vingt-cinq ans et les garanties mobilières dix ans, avec possibilité de renouvellement.
La sûreté donne au prêteur un droit prioritaire sur des actifs identifiés si les obligations ne sont pas remplies. Dans un financement industriel de long terme, ce mécanisme est courant. La valeur maximale du prêt ne correspond pas nécessairement au solde restant dû. Le rapport semestriel du groupe mentionne une garantie financière de 21,89 millions d’euros au 30 juin, en baisse de 11,11 %, sans permettre de répartir précisément la dette entre la filiale camerounaise et la holding.
L’intérêt public tient à l’ancrage local de l’investissement. Les terrains de Bipaga, les machines et l’activité de l’usine constituent des actifs camerounais engagés dans une opération internationale. Keda devrait expliquer l’usage des fonds, l’état des remboursements et les retombées en emplois, achats locaux et impôts.
Les autorités foncières et environnementales doivent aussi confirmer la conformité des titres et des installations. Une transparence de base éviterait deux excès : présenter la sûreté comme une saisie imminente ou, à l’inverse, ignorer les risques supportés par la filiale.