Une récompense consacrée au mécénat pose une question plus large que son palmarès : comment mesurer ce que le soutien d’une personnalité apporte réellement aux artistes, aux salles, aux tournées et à la transmission culturelle ?
Chantal Biya a été honorée le 31 octobre lors de l’édition 2026 des Canal 2’Or, cérémonie qui célébrait son vingtième anniversaire. Les organisateurs lui ont attribué une distinction présentée comme celle de la meilleure marraine ou promotrice de la culture camerounaise. La première dame avait déjà reçu un prix spécial de mécénat en 2015, ce qui inscrit la récompense dans une narration de soutien de longue durée.
Le mécénat culturel peut ouvrir des espaces, financer des productions et donner une visibilité internationale. Mais son évaluation ne devrait pas reposer uniquement sur la notoriété du bénéficiaire du prix. Des critères publics — projets soutenus, montants mobilisés, artistes accompagnés, diversité régionale et continuité — permettraient au public de comprendre la décision. Ils protégeraient aussi la cérémonie contre l’idée que prestige institutionnel et mérite artistique se confondent.
Les Canal 2’Or occupent une place importante dans la reconnaissance populaire de la musique et du divertissement camerounais. Leur maturité peut désormais se mesurer à la transparence du vote, à la composition des jurys et au traitement des catégories hors compétition. Documenter ces mécanismes ne retire rien à l’hommage ; cela renforce la valeur du trophée et donne aux créateurs une boussole claire pour les éditions futures.