« Je venais écouter une réflexion sur le Cameroun. J'ai surtout eu droit à un inventaire du patrimoine et des exploits personnels d'un homme. » Dans une critique acerbe de l'émission Le Grand Oral sur Actualité 1, un observateur dresse le bilan amer de plus de deux heures d'antenne avec Pierre Blériot Nyemeck. Loin des débats de fond attendus sur le fédéralisme communautaire de Cabral Libii ou sur les carences managériales de la FECAFOOT, l'invité se serait contenté de comparer sa fortune immobilière à celle de son adversaire politique, d'affirmer sans preuve que le PCRN n'a pas d'idéologie, et de se vanter d'avoir gagné « un milliard de FCFA en huit mois » dans l'opération Liyep-Limal. Une déclaration spectaculaire qui, si le Cameroun était encore un État de droit, mériterait selon l'auteur des enquêtes sur l'origine des fonds et la régularité des opérations. Et de conclure : « J'ai surtout eu droit à un inventaire du patrimoine et des exploits personnels d'un homme. »
Près plus de deux heures d’émission, je voulais écouter un homme ''parfait'' et sans bavure réfléchir sur les problèmes conjoncturels du Cameroun, proposer des solutions concrètes et faire des projections sur l’avenir du pays.
Ce qui fait incontestablement la marque déposée des intellectuels.
Je voulais surtout entendre Pierre Blériot Nyemeck développer une véritable argumentation contre le fédéralisme communautaire défendu par Cabral Libii.
Mais il s’est plutôt contenté de nous expliquer qu’il était plus riche que ce dernier : « Cabral Libii a acheté 1 500 m², lui, il a acheté 4 000 m² », disait-il. Il a également affirmé que le PCRN n’avait pas d’idéologie, sans toutefois prendre la peine de le démontrer. Une affirmation gratuite qui ne saurait tenir lieu d’analyse politique à la hauteur du ''GOAT'' dont il se prévaut.
Concernant la FECAFOOT je voulais voir Nyemeck démontrer les carences managériales du président Samuel Eto'o un proposer un modèle qui pourrait être adapté, malheureusement il s'est contenté de rapporter les appels téléphoniques de son Interviewer avec Samuel Eto'o qu'il aurait écouté en sa présence. C'est un manque d'élégance.
Plus préoccupant encore, Nyemeck affirme, au cours de cette émission, avoir gagné un milliard de francs CFA en huit mois dans l’opération Liyep-Limal.
Une déclaration aussi spectaculaire mérite des enquêtes sérieuses si le Cameroun était encore un pays.
Dans un État de droit, de telles affirmations, si elles soulèvent des soupçons sérieux( enrichissement illicite et blanchiment des capitaux) , devraient pouvoir faire l’objet d'interpellation par les autorités compétentes, notamment sur l'origine des fonds et la régularité des opérations.
D'autant plus que la cryptomonnaie soulève encore des questions de réglementation dans l'environnement juridique et financier camerounais.
Comment réalise-t-on une telle fortune en si peu de temps ? D'où proviennent les fonds ? Quel est le mécanisme économique derrière cette opération reconnue au Cameroun ?
Autre fait, au cours de cette émission, Blériot Nyemeck a utilisé la première personne à 107 reprises (« je », « j'ai », « ma », etc.) pour expliquer ce qu'il possède, ce qu'il a réalisé et ce que les autres n'ont pas.
Finalement, après plus de deux heures d'émission, qu'est-ce que nous avons véritablement retenu ?
Des considérations sur sa fortune personnelle, des comparaisons immobilières, des affirmations politiques non démontrées et des anecdotes kongossistes.
Je venais écouter une réflexion sur le Cameroun. J'ai surtout eu droit à un inventaire du patrimoine et des exploits personnels d'un homme.