Chantal Biya sera maintenu dans une position influente au sein du régime
Franck Emmanuel Biya est sur le point d’être nommé vice-président de la République du Cameroun, dans le cadre d’une succession organisée par son père, Paul Biya. Cette nomination s’accompagne de la mise en place d’un cabinet composé de proches et de responsables du RDPC, ainsi que d’une probable intégration de Franck Biya au bureau politique du parti.
ET NOTRE VICE-PRÉSIDENT EST …
C’est quasiment acté. Sauf séisme de dernière minute, Franck Emmanuel Olivier Biya devrait incessamment être nommé vice-président de la République du Cameroun, poste récemment créé pour la suppléance à la tête de l’Etat en cas d’incapacité, de démission ou de décès du titulaire. Son cabinet, également, est en train d’être pourvu avec un mélange d’amis personnels et de caciques du Renouveau, question de garder du moins ses gourous le pensent solides les bases du système.
Dans la foulée de la nomination du vice-président, ou peu avant, on prête à Mr Biya l’intention de convoquer en session extraordinaire le bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), dont le leader se trouve être le grand camarade Paul Biya. Le seul sujet à l’ordre du jour sera l’adoubement de «Franck» au sein de cette instance. Et la boucle sera bouclée.
Pour ne fâcher personne, la première dame Chantal Biya, conservera une place prépondérante au sein du régime, et même du protocole d’Etat. On la dit incollable en affaires ? Eh bien, elle pourra continuer d’agrandir sa galaxie et son empire en toute sérénité.
C’est donc ce scénario monarchique que Paul Biya, 94 ans dont 44 à la tête du Cameroun, entendrait léguer à ses compatriotes. Sénile, usé et malade, ayant conduit son pays dans les abysses de la mal-gouvernance, du mal-vivre et de l’oppression, il ne peut se sentir en confiance qu’en passant le témoin à son rejeton. Les petits secrets et les gros scandales de la République resteront ainsi gardés dans la famille.
Le futur vice-président de la République, aujourd’hui âgé de 55 ans, a fait une brève apparition publique aux côtés de son papa, lors de la visite d’Emmanuel Macron à Yaoundé (juillet 2022). Puis, c’est monté en régime. Le week-end dernier, son nom est apparu dans le programme officiel de la visite au Cameroun du prince Albert de Monaco. Il a offert une réception dînatoire au monarque, sans qu’on comprenne bien ce que le fils de Paul Biya venait chercher dans les affaires de l’Etat.
Franck Emmanuel Olivier Biya, comme on ne le sait sans doute pas, n’a jamais goûté du suffrage universel. Il a fait de vagues études aux Etats-Unis, sanctionnées par un Bachelor en sciences politiques et en économie. Le fils prodige s’est même essayé à un stage à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Jusque-là, rien que de banal.
Dans les affaires, le fils à papa fut partenaire de ING FOREST, une société d’exploitation forestière qui fit long feu. On le dit également promoteur de VENTURE CAPITAL Plc, une société d’investissement inconnue au bataillon. Oh que si, quand même ! Cette entité a brièvement prospéré dans le sauvetage de la Cameroon Telecommunications (CAMTEL) en rachetant des titres de créances, et en les revendant avec une forte plus-value.
Voilà les faits d’armes de Franck Biya, qui comme son père n’a jamais payé un loyer, ne connaît pas le prix d’une baguette de pain, d’un kilowatt d’électricité ni d’un mètre cube d’eau potable. Tout lui a été offert par le contribuable. Merci. Il n’a jamais connu de problème de paiement de la scolarité. Sa vie sentimentale, elle, relève du roman à mille soubresauts. Si vous avez aimé le régime de Biya Paul, vous adorerez celui de son fils aîné. Et, Biya père l’a maintes fois juré, la démocratie camerounaise sera sauve.
Par Michel Michaut Moussala