La menace disciplinaire est explicite
Le procureur général du Littoral, Jean-Claude Mbi, a adressé, le 23 octobre 2026, un sévère rappel à l’ordre aux magistrats du parquet de Douala-Ndokoti, à la suite de plusieurs plaintes de justiciables. Il leur reproche notamment d’avoir dissimulé certains déférés, ignoré ses instructions et pris des décisions qui auraient été motivées par des intérêts financiers.
Le ton est particulièrement ferme. Dans un courrier de deux pages portant sa signature et son cachet, le procureur général du Littoral, Jean-Claude Mbi, met directement en cause le fonctionnement du parquet de Douala-Ndokoti.
Le document, daté du 23 octobre 2026, fait référence à de multiples plaintes et requêtes de justiciables. Son auteur reproche au destinataire de « dissimuler certains déférés » et d’ignorer des instructions arrêtées par le parquet général.
Plus grave, il évoque des décisions prises pour satisfaire des intérêts dont la contrepartie serait « souvent purement pécuniaire ». Cette formulation constitue une accusation de possibles pratiques intéressées au sein du parquet concerné.
Pour étayer ses reproches, le procureur général énumère cinq situations individuelles, concernant des personnes déférées entre le 14 et le 20 octobre 2026.
Les trois premiers dossiers, datés du mercredi 14 octobre, portent sur des compléments d’enquête prescrits pour 48 heures. Selon le courrier, les intéressés n’auraient pas été retournés aux services enquêteurs ou représentés au parquet conformément aux suites attendues.
Un quatrième cas concerne une personne déférée le jeudi 15 octobre, qui n’aurait pas été remise au groupement de gendarmerie territoriale pour le complément d’enquête également prescrit pour 48 heures.
Enfin, le document cite une personne déférée le mardi 20 octobre, puis remise en liberté au parquet, selon son auteur, en contradiction avec ses instructions.
À la date de rédaction du courrier, neuf jours s’étaient écoulés depuis les premiers déferrements, huit depuis celui du 15 octobre et trois depuis le dernier.
Le procureur général formule ensuite deux exigences assorties du même délai de 48 heures : recevoir les observations écrites du procureur de la République et obtenir la représentation des personnes concernées qu’il lui reproche d’avoir fait libérer.
Le courrier impose également que tous les déférés présentés par les unités figurent dans l’état quotidien et que les instructions du parquet général soient scrupuleusement respectées.
La menace disciplinaire est explicite. Présentant sa démarche comme un « ultime rappel à l’ordre », le supérieur hiérarchique avertit qu’un nouveau manquement entraînerait l’ouverture d’une procédure disciplinaire susceptible d’avoir des conséquences sur la carrière du magistrat. La correspondance se termine par la mention : « Urgence hautement signalée. »
Le document révèle ainsi une sérieuse tension hiérarchique autour du traitement des déferrements à Douala-Ndokoti.
Boris Bertotl