Le coût d’importation du gasoil bondit de 50,6 % en quatre mois

Eloundou Essomba 45 Cette situation accentue la pression sur les finances publiques

Wed, 4 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

Le coût d’importation du gasoil au Cameroun a progressé de 50,6 % entre juillet et novembre 2026, passant de 653,85 à 984,46 FCFA le litre. Malgré cette flambée, le prix réglementé à la pompe reste maintenu à 828 FCFA à Douala, entraînant une hausse du soutien public, estimé à 439,83 FCFA par litre dans la structure tarifaire de novembre.

Le gasoil coûte toujours plus cher à importer. En novembre 2026, son coût atteint 984,46 FCFA le litre, tandis que le prix réglementé à la pompe reste fixé à 828 FCFA à Douala. Une évolution qui accentue la pression sur le mécanisme de soutien public.

Selon les données de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), rapportées par Investir au Cameroun, le coût d’importation du gasoil passe de 974,93 FCFA en octobre à 984,46 FCFA en novembre. La hausse mensuelle atteint 9,53 FCFA par litre, soit 0,98 %.

Depuis juillet, lorsque ce coût s’établissait à 653,85 FCFA, l’augmentation cumulée représente 330,61 FCFA par litre, soit 50,6 %. Le rythme ralentit, mais le niveau reste élevé.

Le consommateur ne paie cependant pas directement cette progression : le tarif réglementé demeure à 828 FCFA le litre à Douala. Dans la structure tarifaire, la ligne « soutien/remboursement État » atteint désormais 439,83 FCFA par litre, contre 109,22 FCFA en juillet.

Ce soutien dépasse le simple écart entre coût d’importation et prix à la pompe, car le calcul intègre également d’autres composantes de la chaîne de commercialisation. Ces montants unitaires ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer les dépenses effectivement réglées par le Trésor.

La tension est néanmoins perceptible à l’échelle des finances publiques. Dans un entretien publié le 14 octobre, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a évalué à 57 milliards de FCFA le soutien aux prix des carburants pour le seul mois de septembre. Il n’a pas précisé les montants effectivement décaissés. Cette estimation concerne l’ensemble des carburants, et non uniquement le gasoil.

Le Fonds monétaire international avait lui-même averti, le 1er octobre, que les importantes subventions engendrées par le choc pétrolier international contribueraient à une nouvelle dégradation des finances publiques camerounaises en 2026. Le déficit global était déjà passé de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025.

Pour les ménages et les entreprises, le maintien du tarif protège les dépenses de transport et les coûts de production d’une répercussion immédiate. Mais il place le gouvernement devant un arbitrage : préserver cette protection tout en maîtrisant son financement. La hausse des coûts d’approvisionnement est établie ; elle ne constitue pas, en elle-même, l’annonce d’une nouvelle augmentation à la pompe.

Boris Bertolt

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