Agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et transporteurs font déjà vivre le commerce régional. Le forum de Yaoundé doit partir de leurs blocages quotidiens, pas leur proposer une nouvelle couche de projets déconnectés.
Des représentants du Cameroun, du Tchad, du Nigeria et du Niger sont réunis à Yaoundé du 3 au 5 novembre pour le Forum régional sur l’emploi durable, la résilience économique et le commerce transfrontalier. Paul Tasong Njukang, ministre délégué chargé de la Planification, a cité l’insécurité, les barrières non tarifaires et la faible coordination des services frontaliers parmi les principaux obstacles.
L’économie du bassin repose sur agriculture, élevage, pêche, transport et commerce, secteurs exposés au climat et aux conflits. Les jeunes, les femmes, les réfugiés et les déplacés cumulent difficultés de financement, formation et accès au marché. Une politique de formalisation trop brutale pourrait fragiliser les revenus ; une approche utile simplifierait les documents, harmoniserait les contrôles et créerait des mécanismes de recours contre les paiements informels.
Une feuille de route est attendue. Elle devra nommer les corridors, chaînes de valeur, budgets, responsables et délais. Le forum, porté par la Commission du bassin du lac Tchad et RESILAC 2 avec l’Union européenne et l’AFD, promet aussi de mieux utiliser les investissements existants. C’est un bon test : avant d’inventer un nouveau programme, recenser ceux qui fonctionnent et les étendre au-delà de la frontière.