Selon des informations exclusives, l'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (ANTIC) aurait demandé au Secrétariat d'État à la Défense (SED) d'auditionner les responsables de MTN, Orange et Camtel pour faire la lumière sur la coupure d'Internet survenue sur les téléphones des membres du commando lors de l'opération contre Martinez Zogo. Cette audition n'a jamais eu lieu.
C'est une nouvelle pièce qui vient s'ajouter au dossier des zones d'ombre de l'affaire Martinez Zogo. Selon des informations exclusives, l'ANTIC aurait formellement demandé au SED d'organiser une audition des responsables des trois opérateurs de téléphonie mobile du pays — MTN, Orange et Camtel — afin d'expliquer la coupure d'Internet qui a affecté les téléphones des membres du commando pendant l'opération.
Pour mémoire, le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga, 36ᵉ témoin de l'accusation, avait affirmé devant le Tribunal militaire de Yaoundé que cette coupure avait joué un rôle déterminant dans le déroulement de l'opération. Elle aurait empêché la géolocalisation des membres du commando et favorisé la fuite de certains protagonistes. Il avait même suggéré que les responsables régionaux des opérateurs télécoms soient interpellés pour déterminer qui avait ordonné cette coupure.
Une demande restée sans suite
Selon nos sources, l'ANTIC aurait donc relayé cette demande auprès du SED. Mais l'audition n'a jamais eu lieu. Une situation qui soulève des questions sur les raisons de ce blocage. Qui avait intérêt à ce que les opérateurs ne s'expliquent pas ? Pourquoi une demande émanant d'une agence officielle de régulation n'a-t-elle pas été suivie d'effet ?
Le nom du SED de l'époque, Galax Etoga, est cité dans cette affaire. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga l'avait déjà accusé d'avoir été « le véritable directeur de l'enquête » et d'avoir instrumentalisé l'affaire pour régler des comptes politiques.
Cette révélation intervient alors que l'affaire Martinez Zogo continue de livrer son lot de révélations. Entre les accusations de manipulation de l'enquête, les pressions sur les témoins et les tentatives d'étouffement, le dossier apparaît plus que jamais comme le miroir des fractures et des luttes d'influence au sommet de l'État.