La deuxième édition du FECIS se tient du 3 au 5 novembre à Garoua
Le Forum économique international du Septentrion réunit à Garoua des collectivités, entreprises et bailleurs autour d'un portefeuille annoncé de 200 projets. Le succès dépendra moins du nombre de panels que de la maturité financière des dossiers.
La deuxième édition du FECIS se tient du 3 au 5 novembre à Garoua. Les organisateurs annoncent 2 000 visiteurs, 100 exposants, dix pays et 200 projets dits bancables, avec un accent sur la gouvernance territoriale et le financement. Cette ambition offre au Nord, à l'Extrême-Nord et à l'Adamaoua une vitrine commune dans un pays où l'investissement reste fortement concentré dans les grands centres du Sud.
Le potentiel régional est multiple : coton, céréales, élevage, transformation laitière, bauxite, logistique vers le Tchad et la République centrafricaine. Mais ces atouts sont freinés par l'énergie, le transport, la sécurité et le coût du crédit. Un projet réellement bancable doit présenter un porteur identifié, une demande solvable, un plan foncier, des autorisations, des flux financiers et une répartition claire des risques.
La présence de collectivités peut ouvrir une nouvelle voie. Les communes maîtrisent les besoins de marchés, d'abattoirs, d'eau, de stockage ou de mobilité, mais leurs capacités de préparation de projets restent inégales. Le forum gagnerait à publier une fiche standard par projet, les investisseurs intéressés et les étapes de suivi. Sans cette traçabilité, les annonces risquent de disparaître après la clôture.
Le véritable indicateur viendra dans six et douze mois : accords signés, financements mobilisés, emplois créés, marchés attribués et travaux lancés. Le FECIS peut devenir un outil d'équilibre territorial s'il construit une chaîne entre idée, étude, financement et exécution. Il ne suffira pas de présenter le Septentrion comme une réserve de ressources ; il faut démontrer qu'il peut devenir un espace de transformation.