SRC : le Directeur Général Adjoint convoqué à la CONAC après une dénonciation anonyme – la piste d'une tentative de déstabilisation évoquée. Alors que la Société de Recouvrement des Créances venait d'achever un séminaire de haut niveau avec INTERPOL, une lettre anonyme attribuée à un mystérieux « Collectif Sauvons la SRC » a mis en cause la Direction Générale. Après vérifications, le MINFI aurait écarté les accusations, évoquant une possible « tentative de déstabilisation ». Le DGA a été convoqué et la CONAC demande désormais des preuves. « Fin du congossa, place aux faits. »
𝐒𝐑𝐂 : 𝐥𝐞 𝐃𝐆𝐀 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐨𝐪𝐮𝐞́ 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐂𝐎𝐍𝐀𝐂 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐧𝐨𝐧𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐧𝐨𝐧𝐲𝐦𝐞, 𝐥𝐚 𝐩𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐬𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 du DG 𝐞́𝐯𝐨𝐪𝐮𝐞́𝐞
La Société de Recouvrement des Créances (SRC) vient d’achever une importante séquence institutionnelle marquée par l’organisation, aux côtés de INTERPOL et de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, d’un séminaire national de haut niveau consacré à la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le recouvrement des avoirs criminels.
Organisé du 30 mars au 04 avril 2026, cet événement a constitué une vitrine diplomatique et technique importante pour le Cameroun, tout en renforçant l’image de la SRC comme institution engagée dans la modernisation de l’action publique et la coopération internationale en matière de gouvernance financière.
Mais alors même que cette initiative recevait des échos favorables dans plusieurs cercles institutionnels, une dénonciation anonyme est venue jeter le trouble au sein de l’entreprise publique.
Adressée à plusieurs institutions de la République et attribuée à un mystérieux « Collectif Sauvons la SRC », cette correspondance met en cause la Direction Générale de la SRC à travers une série d’accusations non assumées publiquement. Ni signature, ni auteur clairement identifié, ni plainte officiellement portée à visage découvert. Pour plusieurs observateurs, cette méthode s’inscrit dans une logique bien connue de déstabilisation administrative : fragiliser une hiérarchie, créer le doute et instrumentaliser les mécanismes institutionnels de contrôle à travers la rumeur et les accusations anonymes.
Derrière cette offensive, certains voient surtout une tentative de créer un climat de suspicion au moment précis où la SRC venait de renforcer sa visibilité nationale et internationale grâce à son partenariat avec INTERPOL et la DGSN. La question revient avec insistance : pourquoi cette attaque intervient-elle immédiatement après un événement de cette ampleur ?
𝐋𝐞 𝐌𝐈𝐍𝐅𝐈 𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧
Face à cette dénonciation, le Ministère des Finances, tutelle technique de la SRC, aurait choisi la voie des vérifications plutôt que celle des conclusions hâtives.
Selon les informations recueillies par Digital B, les faits évoqués dans la lettre anonyme ont fait l’objet d’examens et de contrôles internes. Les conclusions consultées indiquent que les accusations portées contre Madame le Directeur Général ne sont pas établies. L’enquête évoque au contraire une gestion financière conforme aux orientations du Conseil d’administration et présente la dénonciation comme une possible tentative de déstabilisation portée par des intérêts contrariés par la rigueur du management actuel.
Autrement dit, beaucoup d’accusations ont circulé, mais aucun élément concret n’est venu confirmer les griefs avancés par le collectif anonyme.
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐬 𝐬𝐞 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐫𝐫𝐢𝐞̀𝐫𝐞 “𝐥’𝐚𝐥𝐞𝐫𝐭𝐞”
Dans plusieurs administrations publiques, les résistances au changement prennent rarement un visage direct. Elles se présentent souvent sous la forme de dénonciations anonymes, de collectifs sans existence identifiable ou de campagnes internes menées au nom de la morale administrative.
Mais derrière ces discours, se cachent parfois des intérêts fragilisés, des privilèges remis en cause ou des habitudes perturbées par l’instauration d’une gestion plus rigoureuse. Pour certains analystes, la situation actuelle à la SRC pourrait relever de cette logique.
Une direction qui impose des règles, qui réorganise les procédures et qui repositionne l’institution dans les circuits internationaux de coopération devient inévitablement gênante pour ceux qui prospéraient dans le désordre administratif.
𝐋𝐞 𝐃𝐆𝐀 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐨𝐪𝐮𝐞́ 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐂𝐎𝐍𝐀𝐂
Autre évolution majeure dans cette affaire : le Directeur Général Adjoint de la SRC a été convoqué par la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC).
Dans une correspondance datée du 14 avril 2026, la Division des Investigations de la CONAC invite le responsable à une séance de travail au sujet de la dénonciation reçue le 23 mars 2026. Mais contrairement aux interprétations rapides relayées dans certains milieux, cette convocation ne constitue pas une validation des accusations anonymes. Elle ouvre plutôt une phase de clarification et de confrontation des éléments disponibles.
La CONAC demande notamment que tout document utile à la manifestation de la vérité soit produit.
Autrement dit, le temps des insinuations semble désormais céder la place à celui des preuves. En clair, la CONAC dit « vous avez fait une dénonciation, apportez nous les preuves, laissez le congossa ». Les auteurs de la dénonciation devront désormais assumer leurs accusations. Ceux qui ont alimenté les tensions devront produire des éléments concrets. Et ceux qui ont cru pouvoir instrumentaliser les organes de contrôle pourraient à leur tour être amenés à répondre de leurs démarches.
𝐔𝐧𝐞 𝐠𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐑𝐂 ?
Selon plusieurs sources, les tensions entre Madame le Directeur Général et son adjoint ne seraient pas nouvelles.
Des divergences autour du fonctionnement administratif, de l’autorité hiérarchique et de certaines initiatives internes auraient progressivement installé un climat conflictuel au sommet de l’entreprise. Si cette lecture venait à être confirmée, la lettre anonyme pourrait alors apparaître non comme une simple alerte citoyenne, mais comme un épisode supplémentaire dans une bataille de positionnement interne.
Dans ce contexte, le rôle de la CONAC pourrait devenir central, non seulement pour vérifier les accusations formulées, mais également pour établir les véritables motivations derrière cette offensive institutionnelle.
𝐔𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭
Au-delà des personnes et des querelles internes, plusieurs observateurs rappellent que la SRC demeure une institution stratégique pour l’État du Cameroun.
Sa mission touche directement à la protection des intérêts financiers publics, au recouvrement des créances et à la restauration de l’autorité patrimoniale de l’État. Une telle institution, estiment plusieurs experts, ne peut être prise en otage par des règlements de comptes internes, des ambitions personnelles ou des campagnes anonymes de déstabilisation. Lorsqu’un responsable estime disposer d’éléments sérieux contre une hiérarchie, il les documente, les assume et saisit les autorités compétentes à visage découvert.
L’anonymat, lui, nourrit davantage le soupçon qu’il ne crédibilise l’accusation.
𝐋𝐚 𝐫𝐢𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭𝐬
L’un des enseignements majeurs de cette affaire reste la conclusion issue des premières vérifications : les accusations anonymes ne sont, à ce stade, pas établies.
Le rapport consulté évoque même une tentative de déstabilisation portée par des intérêts contrariés par la rigueur de la gestion actuelle de Madame le Directeur Général. Car derrière certaines dénonciations spectaculaires peuvent parfois se cacher des privilèges menacés, des habitudes interrompues ou des positions affaiblies par le retour de la discipline administrative. Mais comme souvent dans ce type de dossier, les faits finissent toujours par parler. Et pour l’instant, les éléments vérifiés ne viennent pas confirmer les accusations anonymes relayées contre la Direction Générale de la SRC.
𝐏𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́
Aujourd’hui, la SRC se retrouve au centre d’une séquence sensible mêlant gouvernance, rivalités internes et enjeux institutionnels.
Mais une chose semble désormais claire : la vérité documentaire est désormais attendue. La CONAC veut entendre les acteurs. Les vérifications se poursuivent,
et chacun devra désormais assumer sa part de responsabilité. Dans l’intérêt de l’institution, plusieurs voix appellent désormais à privilégier la stabilité, la loyauté administrative et le travail, plutôt que les manœuvres internes et les guerres de clans.
Car lorsqu’une institution stratégique est fragilisée par des conflits internes, c’est l’État lui-même qui finit par en subir les conséquences.
Bruno François Bidjang